Le dîner

Mon avis : 4-5.gif

 

Homard à la sauce hollandaise. Entrée, plat, dessert, café, digestif et addition bien salée. Pour ma dernière lecture de l'année, on peut dire que j'ai été bien servie !

Deux frères se donnent rendez-vous avec leurs épouses dans un restaurant étoilée d'Amsterdam. Et c'est parti pour un huis-clos de près de 3 heures.

Serge, très probablement futur Premier Ministre du pays, et sa femme Babette. Paul, le narrateur, et sa femme Claire. Ils doivent au plus vite parler de leurs fils respectifs, Rick et Michel, et prendre une décision à propos de ceux-ci. Je n'en dirai pas plus pour ne pas déflorer l'histoire !

Plus le repas avance, plus la tension est palpable. Les différents flash-back permettent d'en apprendre plus sur cette famille, mais toujours par le biais de l'analyse de Paul.

C'est succulent, cynique à souhait et franchement amoral. Et en prime, cela fait réfléchir. On se régale !

Si je devais donner une définition du bonheur, ce serait celle-ci : le bonheur se satisfait de lui-même, il n'a pas besoin de témoin. " Toutes les familles heureuses se ressemblent, les familles malheureuses le sont chacune à leur façon", dit la première phrase d'Anna Karénine, de Tolstoï.
Je me contenterai tout au plus d'y ajouter que les familles malheureuses - et au sein de ces familles en premier lieu les couples malheureux - n'y parviennent jamais seules.
Plus il y a de témoins, mieux cela vaut. Le malheur est toujours en quête de compagnie.
Le malheur ne peut supporter le silence - et encore moins les silences gênés qui s'installent lorsqu'il se retrouve seul.
Aussi nous sommes-nous souri, Claire et moi, dans le café quand on nous a servi nos bières, sachant que bientôt nous allions passer toute une soirée en compagnie des Lohman : nous vivions le plus beau moment de la soirée, tout n'irait par la suite que de mal en pis.

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