On ne voyait que le bonheur

par Virginie

Mon avis : 

 

Antoine est marié, a 2 jeunes enfants et habite dans le Nord. Il travaille dans les assurances et passe sa vie à estimer la "valeur" de celle des autres au travers des préjudices subis. Evidemment, il faut payer le moins possible.

A l'approche de la mort de son père, il se met à s'interroger sur la valeur de sa propre vie. Dissection d'un vie à la manière d'une analyse chez un psy, retour douloureux sur ce "non amour" parental et les répercussions. Bilan peu réjouissant, vie ratée?

Une nuit, il va commettre un acte à la fois odieux et inexplicable. J'avoue ne pas avoir vu venir le coup. Tout vole en éclat.

Ce roman est noir et le lecteur est pour le moins malmené. Le rythme haletant fait qu'on peut difficilement le lâcher. J'ai quand même trouvé la construction en "triptyque"  assez inégale avec une seconde partie en deçà de la première. Mais l'ensemble est réussi et inattendu (rien à voir avec "La liste de mes envies").

 

On se fane, tu sais, quand on n'est plus choisi, on se décivilise, on se méprise, on s'ignore. On mange mal, on devient sale, on se met à sentir. Alors on attend un ange, bienveillant, qui se penchera sur vous, qui vous sauvera. Mais les anges ne viennent pas. Les hommes ne se relèvent jamais, c'est ce qui les rend touchants. Ils tombent toujours, avec plus ou moins de distinction; leurs bras se tendent, leurs mains s'agrippent au vide de leurs illusions, leurs ongles se cassent. La vie n'est qu'une longue chute.

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