Riquet à la houppe

publié dans Littérature française

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Et voilà, le dernier opus de la dame au chapeau est sorti, comme à chaque rentrée ! Et 1h30 plus tard, il est terminé...

Comme elle l'avait déjà fait en 2012 avec Barbe bleue, Amélie Nothomb revisite un célèbre conte de l'enfance, Riquet à la houppe.

L'histoire raconte en parallèle l'enfance et l'adolescence de Déodat, un garçon très laid mais extrêmement intelligent, et de Trémière, fillette très jolie mais à l'esprit limité. On se doute bien que ces deux-là vont finir par se croiser, reste à savoir comment...

La plume d'Amélie reste toujours aussi atypique et reconnaissable entre toutes (et oui, elle a encore réussi à caser le mot pneu et une scène de champagne). On retrouve des personnages hors normes (mais où va-t-elle chercher ces prénoms ?!) et un de ses thèmes de prédilection (beauté/laideur)

Si globalement le roman reste agréable et sympathique, j'avoue que ces longues descriptions sur les oiseaux (passion de Déodat) m'ont profondément ennuyées !! Dommage...

Quand les parents découvrirent le bébé, ils changèrent brutalement d'univers. On eût dit un nouveau-né vieillard : fripé de partout, les yeux à peine ouverts, la bouche rentrée – il était repoussant.
Pétrifiée, Énide eut du mal à retrouver assez de voix pour demander au médecin si son fils était normal.
– Il est en parfaite santé, madame.

– Pourquoi a-t‐il tant de rides ?

– Un peu de déshydratation. Ça va très vite s'arranger.

– Il est si petit, si maigre !

– Il ressemble à sa maman, madame.

– Enfin, docteur, il est horrible.

– Vous savez, personne n'ose le dire, mais les bébés sont presque toujours laids. Je vous assure que celui-ci me fait bonne impression.
Laissés seuls avec leur enfant, Honorat et Énide se résignèrent à l'aimer.
– Et si nous l'appelions plutôt Riquet à la Houppe ? suggéra-t‐elle.
– Non. Déodat, c'est très bien, dit le nouveau père en souriant courageusement.
Par bonheur, ils avaient peu de famille et peu d'amis. Ils eurent néanmoins à endurer des visites dont la politesse ne parvint pas à masquer la consternation.

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