Règne animal

par Virginie

publié dans Littérature française

Mon avis : 5.gif

Excellent découverte et 5 étoiles amplement mérités !

Voilà un roman vers lequel je ne me serais pas forcément tournée si on ne me l'avais pas vivement conseillé à plusieurs reprises car le thème n'est pas franchement alléchant. 

Et pourtant ! Une écriture sublime assortie d'un vocabulaire foisonnant. Un roman majoritairement descriptif sans qu'on ne s'y ennuie une seule seconde. 

Ce roman magistral démarre à l'aube de la guerre 14-18 dans une ferme familiale située dans le Gers. On y découvre le père, homme taiseux et proche de la mort. Il laissera derrière lui sa femme acariâtre et sa fille, Eléonore. La vie est rude, nauséabonde, pénible. 

Dans la seconde partie du roman, on retrouve Eléonore, dans les années 80, devenue arrière grand-mère. La petite ferme s'est transformée en exploitation porcine industrielle mais la famille continue de vivre aussi durement, désormais pour d'autres raisons. La porcherie devient le symbole terrible, la métaphore de la barbarie humaine et de cette violence qui se perpétue de génération en génération, sans remise en cause. Les animaux deviennent humains quand les hommes adoptent des comportements bestiaux. Les deux règnes ne font plus qu'un

C'est cru, violent, dérangeant, viscérale, organique, et c'est à lire ! Un grand grand écrivain très abordable pour un roman qui ne peut laisser indifférent

 

T’as remarqué que leur pupille reflète toujours notre visage ? dit Henry. Si tu fais bien attention. C’est un détail, mais parfois, je vois plus que ça. Ca me saute à la gueule. C’est comme regarder dans un miroir sans tain ou au fond d’un puits. Tu te vois, mais tu vois autre chose, autre chose qui s’agite en dessous, comme...Comme si tu voyais aussi de la manière dont eux te voient, avec leurs yeux de bête. (...)
L’œil était dans la tombe et regardait Caïn .

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