Une vie

Mon avis : 

 

Simone Veil est décédée le mois dernier, à l'âge de 89 ans. Tout le monde connait d'elle son passé de juive déportée et sa loi sur l'avortement. Une grande dame, assurément.

Si vous avez envie d'en découvrir un peu plus sur elle, je vous conseille vivement son autobiographie.

En toute simplicité et avec une certaine pudeur, Simone Veil nous relate sa vie au destin hors norme, enfin plutôt une partie de sa vie. En effet, il n'est que très peu question d'intime mais plutôt des étapes marquantes de sa vie d'un point de vue professionnel.

La première partie sur sa détention en camp de concentration reste la plus émouvante, comme d'ailleurs la plupart des récits sur ce moment si particulier de l'histoire.

Vient ensuite la partie sur sa carrière et son ascension professionnelle dans un monde politique d'hommes. Parce qu'il fallait des femmes au gouvernement (ces fameux quotas...), elle se retrouve propulsée Ministre de la santé sous Giscard (alors que quelques semaines plus tôt elle rechignait à voter pour lui...).

La suite, on la connait. Mais j'ai particulièrement apprécié sa vision de la politique de l'époque et on se dit qu'elle a du faire preuve d'un énorme sang-froid et d'une grande opiniâtreté pour réussir à défendre ses idées...

La partie sur son expérience européenne est celle qui m'a le moins intéressée, probablement par manque de connaissances sur le sujet.

Mais qu'importe, on arrive à suivre et à glaner quelques précieuses réflexions. A lire et à offrir !

 

Un mot encore, à propos de la discrimination positive. Il est inutile de la proclamer à son de trompe. Il est préférable de la pratiquer. Nul besoin pour cela d'employer de grands mots, qui ne peuvent qu'ameuter les idéologues de l'égalitarisme républicain, non plus que de débattre de quotas sur lesquels personne ne s'accordera. [...] Pendant qu'on fait des ronds de jambe sur la parité, je suis bien obligée de constater qu'il n'y a plus que deux femmes, sur neuf, membres du Conseil constitutionnel. "De mon temps", comme on dit, nous étions trois.

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