L'annulaire

par Virginie Moret

publié dans Littérature étrangère

l-annulaire.jpgL'annulaire

Yoko Ogawa

95 pages

 

 

Mon avis :4.gif

 

Une bien étrange nouvelle autour du thème du souvenir, de la soumission et du fétichisme.

Une jeune femme, la narratrice, se promène dans la rue lorsqu’elle tombe sur une petite annonce affichée sur une porte :

 

Recherchons employée de bureau
aide à la fabrication de spécimens
expérience, âge indifférents
sonnez ici.

 

Venant de quitter son emploi précédent dans une usine à la suite d’un léger accident (à l'annulaire), elle frappe à la porte à tout hasard.

M Deshimaru, le responsable du laboratoire lui ouvre, lui  fait visiter et l’embauche, sans plus de protocole. Elle sera chargée d'accueillir les clients et de discuter un peu avec eux.

Le récit, court, nous entraine alors dans un univers clos avec des personnages énigmatiques. M Deshimaru est en fait une sorte de taxidermiste du souvenir qui se propose de vous « libérer » en créant un spécimen, matériel ou immatériel, de ce qui vous tracasse. Mouais mouais, bizarre tout ça ! Loufoque en tout cas.

Ce qui est toujours frustrant chez Ogawa, mais qui du coup en fait son charme, ce sont ces innombrables non-dits. On ne sait pas grand-chose de la narratrice et beaucoup de questions restent en suspens.

Au final, une lecture courte et envoûtante avec une auteure à découvrir qui sort de l’ordinaire

 

A noter que cette nouvelle a été adaptée au cinéma

 

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Un soupçon légitime

par Virginie Moret

publié dans Littérature étrangère

un-soupcon-legitime-copie-1.jpgUn soupçon légitime

Stefan Zweig

publié en 1987, traduit en français en 2009

 

Mon avis : 3-5-copie-1.gif

 

Une nouvelle de Zweig inédite, en tout cas en France.

 

La version qui nous est proposée intégre une première partie en français, une deuxième partie en allemand et en troisième partie une biographie de l'auteur, le tout pour 5,50 euros (un soupçon légitime de remplissage? je doute effectivement qu'un grand nombre de lecteurs lise Zweig dans le texte...m'enfin)

 

Zweig est indéniablement un nouvelliste hors pair, et il le prouve une nouvelle fois. 

 

La narratrice, une dame vivant tranquillement avec son mari dans une jolie maison près de Bath, en Angleterre, nous relate la vie de ses nouveaux voisins, les Limpley. Ils sont jeunes, charmants, polis, mais le mari a une sorte de trop plein d'énergie ! Un passionné un peu fatiguant pour son entourage.

 

Comme à son habitude, Zweig décrit très bien les sentiments des uns et des autres (et même les pensées d'un chien...)

 

On se doute dès les premières lignes que quelque chose de grave va se passer et Zweig a le don de "faire monter la sauce".

 

Alors pourquoi pas 5 étoiles ?

Et bien tout simplement à cause de l'éditeur (le même qui fait du remplissage...) Le suspense est pour le moins ruiné :

 

- par la couverture du livre (ça vous n'y échapperez pas...)

- par la 4ème de couverture qui dit...tout !!!

 

Donc de grâce, si vous voulez apprécier à sa juste valeur : ne lisez pas cette maudite présentation de l'éditeur !!!

 

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Le lièvre de Vatanen

par Virginie Moret

publié dans Littérature étrangère

vatanen.jpgLe lièvre de Vatanen

Arto Paasilinna

 

 

Mon avis : 4.gif

 

Alors, la première réflexion qui me vient après la lecture de ce livre est : "Mouhahaha" !

 

En général, j'ai un peu de difficultés à apprécier les livres "décalés" ou tout du moins avec une intention humouristique. Le lièvre de Vatanen fait exception.

Ce n'est pas non plus un livre à pleurer de rire, mais plutôt à décrocher de multiples sourires. Et c'est déjà pas mal !

 

Vatanen, journaliste blasé à la vie personnelle un peu râtée, rentre en voiture un dimanche soir avec un ami photographe.

 

Tout d'un coup, ils heurtent un lièvre. Vatanen, passablement éméché, sort de la voiture à la recherche de ce lièvre estropié.Il retrouve sa trace et va le suivre, encore et encore, sans raison particulière, à travers toute la Finlande. L'occasion de changer de vie dont il rêvait.

 

Les aventures vont s'enchaîner durant 24 courts chapitres, aventures parfois loufoques, parfois dramatiques, mais la plupart du temps très drôles.

 

Les personnages sont attachants, le cadre "nature" est très plaisant. Des lacs, des forêts, des ours...Aux antipodes de son ex-vie...et de sa vie avec son ex-femme !

 

Ce livre est un best-seller dans les pays nordiques et on dit qu'Arto Paasilinna a inventé un nouveau genre littéraire : le roman d'humour écologique.

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Le piano de satin

par Virginie Moret

publié dans Littérature française

piano-de-satin.jpgLe piano de satin

Geneviève Convain

113 pages

 

 

Mon avis : 4-5.gif

 

Merci beaucoup à cette nouvelle édition de masse critique de Babelio qui m’a fait découvrir un livre que je n’aurais très probablement jamais acheté (thème peu encourageant, auteur inconnu..)

Mais alors, quelle belle découverte ! Sur le thème de la fin de vie, Geneviève Convain nous livre un court roman tout en délicatesse, avec une plume exquise.

Germain vit ses derniers jours et sa fille Gaëlle décide de l’aider à partir le plus dignement possible, en restant auprès d’elle et de ses proches plutôt que de retourner dans sa maison de retraite. Quitte à mettre en danger son couple, quitte à susciter l'incompréhension de certains membres de sa famille.

La cellule familiale se recompose alors autour du patriarche, « Papillou », qui n’est déjà plus tout à fait là et les souvenirs affluent. Le souvenir de l’épouse décédée, le souvenir de ce fils Guillaume parti trop tôt, avec comme toile de fond les note de musique d’un piano et les rires d’une petite fille.

Loin d’être triste, ce roman est avant tout très touchant et parlera certainement au plus grand nombre. On pensera forcément à un grand-père ou à ses propres parents et on se questionnera sur le « que fera-t-on le moment venu » ?

 

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La petite pièce hexagonale

par Virginie Moret

publié dans Littérature étrangère

la petite pièceLa petite pièce hexagonale

Yoko Ogawa

2004

110 pages

 

Mon avis : 3.gif

 

Peut-être à cause de la couverture du livre, peut-être à cause du titre de ce court roman, je m'attendais à autre chose. D'où une légère déception...bien que le roman reste somme toute très agréable et surprenant.

 

Dans les vestiaires d'une piscine, une jeune femme se trouve sans explication attirée par une inconnue qui attend une vieille femme qui prend un temps infini pour se préparer.

 

Quelques jours plus tard, elle croise de nouveau ces deux femmes dans un supermarché et se met sans raison à les suivre. Sa filature la mène dans un étrange endroit,  une loge de gardien au milieu d'un parc dans laquelle se trouve la petite pièce à raconter...

 

Plein de mystère, des personnages énigmatiques, une atmosphère particulière au coeur du thème de l'introspection.

 

J'ai tout de même bien envie de continuer ma découverte de cet écrivain à l'écriture poètique !

 

En stock dans ma PAL L'annulaire, La piscine, L'abeille et la Grossesse.

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L'origine de la violence

par Virginie Moret

publié dans Littérature française

l-origine-de-la-violence.jpgL'origine de la violence

Fabrice Humbert

Janvier 2009

 

Mon avis : 4.gif

 

Shoah, secret de famille, réflexion philosophique, en voici un livre bien riche et qui mérite le détour !

 

Lors d'un voyage de classe à Buchenwald, un jeune professeur trentenaire tombe par hasard sur une photo d'époque sur laquelle l'un des détenus ressemble étrangement à son propre père. Très rapidement hânté par cette image, le professeur va mener son enquête pour remonter à sa propre origine tenter de reconstituer pièce par pièce le puzzle.

 

Petite et grande Histoire vont se superposer, un peu comme le ferait un Philippe Claudel.

 

Les camps de concentration, la littérature en est déjà plus qu'abondante, mais avec ce roman, on approche les choses d'une manière différente, plus personnelle, plus introspective. On se pose soi-même des questions sur ce besoin de savoir et de comprendre cette période. Pourquoi les livres sur cette période font-ils encore autant recette de nos jours ? (cf le succès des Bienveillantes de Littel)

 

Un roman policier de l'intime en quelque sorte, avec une approche intelligente. Des réflexions qui raisonnent encore dans nos têtes une fois le livre fermé.

 

 

Prix Renaudot poche 2010

 

 

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Quitter le monde

par Virginie Moret

publié dans Littérature étrangère

quitter le mondeQuitter le monde

Douglas Kennedy

Mai 2009

 

Mon avis :3-5.gif

 

Douglas Kennedy, où le romancier maître du héros-pas-de-bol avec une descente aux enfers sans fin. On pense que le personnage a touché le fond, mais non, il peut encore tomber plus bas. Le destin qui s’acharne en quelque sorte…

 

Plonger dans un roman de Douglas Kennedy, c’est presque toujours l’assurance de passer un agréable moment de lecture (je dis presque, car j’exclue La Femme du Vème).

 

Quitter le monde, c’est l’histoire de Jane qui a grandit au milieu de parents qui se déchirent, avec un père qui claque la porte du jour au lendemain et avec une mère qui n’aura de cesse de faire porter la responsabilité à sa fille. Et c’est parti pour le cercle vicieux de la culpabilité, thème réccurent de ce roman.

 

Jane grandit, devient malgré tout une brillante étudiante de Harvard et ensuite une enseignante reconnue en littérature (l’univers décrit de ce microcosme universitaire m'a par moment fait pensé à du David Lodge).

 

Mais tout ce que touche Jane finit par lui échapper, et souvent de la manière la plus brutale qui soit. On suit avec avidité les rebondissements de sa vie, les coups dans le dos que son entourage lui fait. Peut-être un peu trop caricatural je pense : Jane la gentille droite dans ses bottes, le reste du monde contre elle.

 

Un petit bémol pour la dernière partie « policière » du roman qui aurait largement pu ne pas exister et qui m’a semblée un peu incongrue…Quel est le rapport avec le reste ? Où l’auteur veut-il nous mener ?

 

En conclusion, oui, Kennedy est un auteur dit « facile », mais Quitter le monde un peu moins que les autres, plus fouillé probablement. On frise peut-être parfois les réflexions « café de commerce », les facilités narratives et rebondissements « gros sabots », mais on se laisse néanmoins emporter très facilement, pour peu qu’on n’en attende pas plus qu’un agréable moment de lecture.

 

 

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La fin des temps

par Virginie Moret

publié dans Littérature étrangère

fin-temps-2.jpgLa fin des temps

Haruki Murakami

626 pages

 

Mon avis : 4-5.gif

 

Ah, Murakami ! Génial Murakami ! 3ème livre que je lis de cet auteur, et une fois de plus, la magie opère. Et c'est avec un grand regret que j'ai tourné la dernière page. J'avais plaisir à retrouver ce petit rendez-vous quotidien, loin du réel, dans cet univers à la fois proche du notre et pourtant si éloigné...

 

"La fin des temps", c'est un roman hors catégorie, qui ne resemble à aucun autre mais dans lequel on retrouve le charme et le style propre à l'auteur : onirique, poètique, irrationnel, étrange, envoûtant...Un univers sans limite dans lequel tout semble possible, où l'on bascule l'air de rien du réalisme à l'absurde.

 

Le narrateur, un informaticien de haut vol, se fait convoquer chez un vieux savant afin de travailler sur le brouillage de données très confidentielles. Mais pour arriver sur le lieu de son rendez-vous, il doit emprunter un ascenseur, tellement lent qu'on ne sait pas s'il monte ou s'il descend, sans indication d'étages. Nous sommes au Pays des Merveilles sans merci.

 

Parallèlement à ce récit, une deuxième histoire se déroule, celle d'un homme devant se séparer de son ombre pour entrer dans une ville. Cette ville est peuplée de licornes et une fois franchie l'enceinte de la ville, plus personne ne peut en sortir. C'est tout ce que l'on sait. Voici la Fin du Monde.

 

Hum hum...Bon, il faut le lire, c'est tout. C'est magique !  Un des rares livre que j'ai envie de relire une deuxième fois et qui me donne envie de lire tout Murakami.

 

P.S : Murakami, je pense qu'on adore ou on déteste, mais ça vaut le coup d'essayer, au moins une fois.

 

 

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Le mec de la tombe d'à côté

par Virginie Moret

publié dans Littérature étrangère

le-mec.jpgLe mec de la tombe d'à côté

Katarina Mazetti

Février 2010

 

Mon avis :5.gif

 

Comme il est agréable de tomber sur ce genre de petite pépite !

 

J'ai longtemps vu ce livre sur les étals de mon libraire, mais à vrai dire, le titre ne m'inspirait guère...

Et puis un jour une collègue m'en parle sous des terme très élogieux, c'est génial, tu devrais le lire, je suis certaine que tu mettrais plein plein d'étoiles à ce bouquin...Me voilà conquise !

 

Une fois le livre en main, je ne l'ai pas lâché d'une seconde durant tout un week-end

 

Un roman très drôle, à double voix, plein de fraîcheur, de tendresse et de petits moments cocasses.

 

Elle vient sur la tombe de son mari, lui sur celle de sa mère. Ils sont voisins de tombe, mais là s'arrête leurs points communs ! Elle est bibliothécaire, trentenaire citadine, lui, agriculteur, le même âge mais à des années lumières de l'univers de Désirée ! Les vaches, la terre, voilà ce qui intéresse Benny...alors que Désirée s'intéresse à l'opéra, la culture et ne sait pas cuisiner...Un roman cliché ? Peut-être, mais cela fonctionne !

 

L'Amour est dans le pré à la sauce suédoise !

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Le terrier

par Virginie Moret

publié dans Littérature étrangère

terrier

 

Le Terrier

Franz Kafka

 

Mon avis : 3.gif

 

Ce livre m'a été offert par Babelio dans le cadre de l'opération Masse Critique.

 

Le terrier est une nouvelle inachevée, l’un des derniers écrits de Kafka. Etrange, très étrange nouvelle.

Une petite bête dont on ne connaît pas trop la nature a construit un terrier pour se protéger des ennemis potentiels. Ce terrier est un véritable labyrinthe constitué de multiples galeries, de ronds-points et d’une place forte. Le narrateur (la petite bête) a peur en permanence de l’attaque, sauf que personne ne vient jamais ! Le moindre bruit lui fait peur, le sommeil l’angoisse. Enfin bref, il en devient paranoïaque.

A mon sens, le texte brut tel qu’il nous est livré est d’un intérêt moyen. Certes, Kafka sait très bien nous faire ressentir la quasi folie de son narrateur, le dédale dans lequel il s’est lui-même engouffré.

Pour apprécier à sa juste valeur cette nouvelle il faut je pense aller un peu au-delà et mettre en parallèle la vie de l’auteur. Il semblerait que le Terrier puisse être interprété comme une nouvelle très autobiographique. Kafka se comparaît semble-t-il très souvent à une bête dans un terrier, en proie au désespoir. De même, l’ennemi dont il est sans cesse question dans cette nouvelle peut être interprété comme une métaphore de sa maladie, la tuberculose (dont il est mort) et qu’il avait coutume de nommer  ainsi.

Alors je reste convaincue que cet ouvrage est à réservé à ceux qui veulent aller un peu plus loin sur l’auteur ou qui connaissent déjà bien l’univers kafkaien, sinon, on risque de passer à côté !

 

Lien vers le site Babelio pour voir des centaines d'autres critiques !

http://www.babelio.com/livres/Kafka-Le-terrier/31962/bloguer

 

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