Le secret

par Virginie Moret

publié dans Littérature étrangère

le-secret2.jpgLe secret
Anna Enquist
Octobre 2001
230 pages

4ème de couverture :
Très tôt bercée par la voix de sa mère et par le piano de son maître de chant, Dora Dirique n'a jamais vécu que pour la musique. Rêveuse, farouche, elle a fait du piano son confident et son porte-parole, jusqu'à ce que la maladie l'oblige à interrompre une carrière pourtant très prometteuse. Aujourd'hui elle affronte, pour la première fois depuis des décennies, un grand piano noir qu'elle a désiré installer dans sa nouvelle maison.
Des premières heures de sa vie à cette tentative de renaissance, son histoire se recompose peu à peu, au fil de courtes scènes dans lesquelles les moindres détails - un parfum trop appuyé, un plat qui glisse et tombe à terre - ont l'acuité d'une révélation. Dans la mélodie de ses souvenirs, ce sont les silences qui donnent le ton : la sombre réserve de son père, les secrets de sa mère, le mutisme de son frère handicapé, les soupirs du professeur de piano.
Mélancolique et passionnée, cette confession à la troisième personne parle de la puissance de la musique face à la vanité du langage, de la faiblesse humaine et du grand chagrin, de l'amour fou et du Concerto italien de Bach.

Mon avis : 3-5-copie-1.gif

Un roman agréable à conseiller aux passionnés de musique - de piano en particulier- et à lire en écoutant Bach.
L'histoire est globalement assez triste et " le secret " dont il est question dans le titre de l'ouvrage n'est pas vraiment le centre du roman. Ce n'est donc pas un livre à suspense !
Dans ce roman, 3 histoires s'entremêlent : l'histoire de Dora de nos jours, l'histoire de Dora durant son enfance et sa vie de jeune adulte et enfin l'histoire de Bau, son mari (allez, une analyse à 2 balles : une allusion aux fugues de Bach à 3 Voix ?!?)
Dora est une petite fille née en 1933 qui se révèle très rapidement douée pour le piano. Elle y trouvera petit à petit son refuge et son seul moyen de s'exprimer. Très peu douée pour les relations humaines, Dora est plutôt spectatrice de sa propre vie, sauf lorsqu'il s'agit de musique. Le tout se déroule sur fonds de seconde guerre mondiale.
Je reste quand même un peu mitigée sur ce roman car je ne me suis pas vraiment attachée au personnage de Dora, peut-être à cause de la distance que met l'auteur avec ses personnages, un peu comme Dora le fait avec son entourage. J'aurai aimé rentrer un peu plus dans la psychologie des personnages.
Cela me donne néanmoins envie de lire les autres romans de cet auteur néerlandais.

 

Voir les commentaires

Les fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux...

par Virginie Moret

publié dans Littérature étrangère

indien.jpgLes fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire
Vikas Swarup
Avril 2007
364 pages

4ème de couverture :
Quand le jeune Ram Mohammad Thomas devient le grand vainqueur de «Qui veut gagner un milliard de roupies ?», la production soupçonne immédiatement une tricherie. Comment un serveur de dix-huit ans, pauvre et inculte, serait-il assez malin pour répondre à treize questions pernicieuses ? Accusé d'escroquerie, sommé de s'expliquer, Thomas replonge alors dans l'histoire de sa vie... Car ces réponses, il ne les a pas apprises dans les livres, mais au hasard de ses aventures mouvementées ! Du prêtre louche qui laisse trop volontiers venir à lui les petits enfants à la capricieuse diva de Bollywood, des jeunes mendiants des bidonvilles de Bombay aux touristes fortunés du Taj Mahal, au fil de ses rencontres, le jeune homme va apprendre que la fortune sourit aux audacieux... 


Extrait :
"J'ai été arrêté. Pour avoir gagné à un jeu télévisé. On est venu me chercher tard dans la soirée, à une heure où même les chiens errants dorment déjà. Ils ont enfoncé ma porte, m'ont passé des menottes et m'ont escorté jusqu'à la jeep qui attendait en faisant tourner son gyrophare rouge."

Mon avis : undefined

Un livre très dépaysant dans l'Inde moderne. Beaucoup d'humour, de générosité, de cruauté et d'amour. On ne s'ennuie pas une seconde. J'ai beaucoup aimé la construction de ce roman.
Chaque chapitre correspond à une question du jeu "Qui veut un milliard de roupies?", l'équivalent de notre "Qui veut gagner des millions", avec le Jean-Pierre Foucault local, un brin mafieux.
Et on se rend compte que sans être allé à l'école, le jeune Ram s'est en fait cultivé au travers des différentes rencontres qui ont jalonné sa vie. 
Un très beau roman sur l'Inde des miséreux qui tentent par tous les moyens de survivre, abordé d'une façon très originale.

Voir les commentaires

La dernière valse de Mathilda

par Virginie Moret

publié dans Littérature étrangère

mathilda.jpgLa dernière valse de Mathilda
Tamara McKinley
Février 2005
567 pages

4ème de couverture :
Dans la chaleur étouffante du bush australien, Mathilda, treize ans, fait ses adieux à sa mère. Quelques voisins sont rassemblés autour de la tombe, pour rendre un der­nier hommage à cette femme courageuse.

Un peu à l'écart, le père de Mathilda n'a qu'une hâte : que tout cela se termine afin qu'il puisse vendre le domaine de Churinga. Mathilda, elle, comprend que les choses ne seront jamais plus comme avant...

Cinquante ans plus tard, Jenny découvre le journal intime de Mathilda. À mesure que progresse sa lecture, l'angoisse l'assaille... A-t-elle bien fait de venir s'installer à Churinga ?

Par son atmosphère envoûtante, la force de ses person­nages, cette saga australienne s'inscrit dans la lignée des chefs-d'oeuvre de Colleen McCullough.

Tamara McKinley a été élevée par sa grand-mère en Australie. Publié dans dix-sept pays, La Dernière Valse de Mathilda a enthousiasmé des centaines de milliers de lectrices. En Suède, ce roman a été élu «saga de l'année».

Extrait :
"L'horizon semblait vibrer, diluant l'ocre lumineux du désert dans le bleu immaculé de la voûte céleste. Autour de Mathilda résonnaient les sons au sein desquels elle avait grandi ; cet univers qui était le sien faisait entendre sa voix propre, dont les intonations familières lui apportaient  un réconfort inattendu.
Elle ferma les yeux. Aux geignements des moutons dans les enclos se mêlaient les cris des cacatoès querelleurs, aux crêtes couleur de soufre, le caquètement lointain des kookaburras rieurs, et les cliquetis des harnais. Dans l'épreuve la plus douloureuse de sa vie, le charme de Churinga opérait encore."

Mon avis : undefined

Une histoire de femme pour les femmes !
J'ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman australien. Ce n'est pas de la grande littérature, mais le charme opère quand même.
Le cocktail : amour, aventure, descriptions de paysages grandioses, vieilles histoires de famille.
On dirait la saga de l'été de TF1 !
Il m'a été difficile de lâcher cette histoire envoûtante et très dépaysante.
Seul petit bémol : le roman est quand même parfois un peu cousu de fil blanc.  

Voir les commentaires

Kafka sur le rivage

par Virginie Moret

publié dans Littérature étrangère

kafka.jpgKafka sur le rivage
Haruki Murakami
Décembre 2005
638 pages

4ème de couverture :
Kafka Tamura, quinze ans, s'enfuit de sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui. De l'autre côté de l'archipel, Nakata, un vieil homme amnésique décide lui aussi de prendre la route. Leurs deux destinées s'entremêlent pour devenir le miroir l'une de l'autre tandis que, sur leur chemin, la réalité bruisse d'un murmure enchanteur. Les forêts se peuplent de soldats échappés de la dernière guerre, les poissons tombent du ciel et les prostituées se mettent à lire Hegel. Conte initiatique du XXIe siècle, Kafka sur le rivage nous plonge dans une odyssée moderne et onirique au coeur du Japon contemporain.

Extrait :
"- Nakata est désolé, mais il ne connaît pas ce monsieur.
- Ah bon? Tu ne connais pas la chaîne de fast-foods Kentucky Fried Chicken? C'est étonnant, de nos jours. Enfin, bref, peu importe. En fait, ce vieux est une idée abstraite. Ce n'est ni un homme, ni un dieu, ni un bouddha. C'est un concept, donc il n'a pas de forme. Mais comme il faut une apparence extérieure, il prend de temps en temps cette forme-là.
Nakata frotta sa chevelure poivre et sel d'un air embarassé.
- Nakata ne comprend pas bien ce que vous dites.
- Pour être franc, moi non plus, je ne comprends pas bien."

Mon avis  :undefined

Après n'avoir lu que des critiques élogieuses à l'égard de ce roman, j'avoue avoir été un peu déçue...J'ai eu beaucoup de mal à me laisser transporter dans l'univers de Murakami, auteur que je découvre. Ce roman nous fait voyager dans un univers onirique et mystérieux, où tout n'est que métaphore, allégorie et sens caché, le tout avec une écriture envoûtante.

En ce qui concerne l'histoire, la trame de fonds est le mythe d'Oedipe revisité à la sauce Murakami. Cependant, au fil des pages, l'auteur nous éloigne petit à petit de ce sujet de base. Le roman alterne entre l'histoire de Kafka, jeune adolescent fugueur, et Nakata, vieux monsieur simple d'esprit qui a perdu ses facultés mentales lors d'un étrange accident pendant la guerre. Tous les deux vont suivre leur propre chemin, attirés par une force qui les dépasse. Ils ne savent pas où ils doivent aller ni pourquoi. Lors de leurs quêtes individuelles, on rencontre alors des chats qui parlent, des sangsues et des poissons qui tombent du ciel et des être fantômatiques venus d'une autre époque. Rationnalistes s'abstenir !

Muraki est un auteur érudie. Les références à la culture occidentale sont nombreuses (à noter d'ailleurs que Muraki a beaucoup plus de succès à l'étranger que dans son propre pays).

Je pense que c'est un roman à relire plus tard car il est à mon sens difficile de tout saisir à la première lecture. J'ai un peu l'impression d'être passée à côté...


D'autres critiques plus enthousiastes:
http://www.leslecturesdeflorinette.com/article-6067069.html
http://essel.over-blog.com/article-3365604.html

Voir les commentaires

Ni d'Eve ni d'Adam

par Virginie Moret

publié dans Littérature française

nothomb.jpgNi d'Eve ni d'Adam
Amélie Nothomb
Août 2007
244 pages

4ème de couverture :
« Stupeur et tremblements pourrait donner l’impression qu’au Japon, à l’âge adulte, j’ai seulement été la plus désastreuse des employés. Ni d’Ève ni d’Adam révélera qu’à la même époque et dans le même lieu, j’ai aussi été la fiancée d’un Tokyoïte très singulier. » Amélie Nothomb 

Extrait : (1ère page)
"Le moyen le plus efficace d'apprendre le japonais me parut d'enseigner le français. Au supermarché, je laissai une petite annonce: « Cours particuliers de français, prix intéressant ».
Le téléphone sonna le soir même. Rendez-vous fut pris pour le lendemain, dans un café d'Omote-Sando. Je ne compris rien à son nom, lui non plus au mien. En raccrochant, je me rendis compte que je ne savais pas à quoi je le reconnaîtrais, lui non plus. Et comme je n'avais pas eu la présence d'esprit de lui demander son numéro, cela n'allait pas s'arranger. « Il me rappellera peut-être pour ce motif », pensai-je.
Il ne me rappela pas. La voix m'avait semblé jeune. Cela ne m'aiderait pas beaucoup. La jeunesse ne manquait pas à Tokyo, en 1989. A plus forte raison dans ce café d'Omote-Sando, le 26 janvier, vers quinze heures.
Je n'étais pas la seule étrangère, loin s'en fallait. Pourtant, il marcha vers moi sans hésiter."

Mon avis : 2-5.gif

Mais où est donc passée l'Amélie Nothomb des Catilinaires, d'Hygiène de l'Assassin et de Cosmétique de l'ennemie ?
C'est quand même la 3ème année consécutive que je suis déçue par le cru Nothomb...mais malgré tout, je ne peux m'empêcher d'aller l'acheter dès sa sortie. Allez comprendre !

Pour son 16ème roman, Amélie nous fait partager un épisode de sa vie nippone, tout comme elle l'avait fait dans Stupeur et Tremblements. Cette fois-ci, c'est l'étrange expérience amoureuse de la belge et d'un tokyoïte, Rinri, qui nous est racontée. Cela donne lieu à un roman assez intimiste et personnel mais tellement plat par rapport à ses premiers romans ! J'ai quand même apprécié les notes d'humour sur la culture japonaise et les incompréhensions que cela engendre sur la jeune européenne. L'autodérision est toujours au rendez-vous.
Mais il manque à mon sens dans ce roman ce qui fait le charme d'Amélie : sa loufoquerie et son côté déjanté.
Ni d'Eve ni d'Adam reste un roman trop "sage" à réserver aux adeptes du personnage qui auront ainsi l'occasion d'en savoir un peu plus sur le passé de l'écrivain.

Voir les commentaires

J'ai renvoyé Marta

par Virginie Moret

publié dans Littérature française

marta-copie-1.jpgJ'ai renvoyé Marta
Nathalie Kuperman
156 pages
août 2005

4ème de couverture :

" Voilà, j'avais une femme de ménage. L'idée d'une femme de ménage m'était venue soudainement, brutalement est un terme plus juste, c'était brutal : il manquait quelqu'un d'essentiel dans ma vie. Marta, ma grand-mère, n'avait jamais eu de femme de ménage, Isabelle, ma mère, n'avait jamais eu de femme de ménage, c'était de famille, pas de femme de ménage. On évitait les soucis. La vie facile, ce n'était pas très bien vu chez nous. "
Sandra engage une femme de ménage. C'est le début d'une descente aux enfers. 

Mon avis : 4-5.gif
Sandra décide d'embaucher une femme de ménage : Marta. Dès le début, comme le titre l'indique, on sait que Marta sera renvoyée.
Alors que la femme de ménage est sensée faciliter la vie de Sandra, c'est tout le contraire qui se produit. Comment dire à Marta que le travail n'est pas bien fait ? Que pense Marta du désordre de l'appartement ? Est-ce que Marta fouille dans les affaires ? Difficile d'accepter qu'une étrangère entre ainsi dans son intimité.
Commence alors pour Sandra le début de la psychose et peut-être même de la folie. Sandra va tendre des pièges pour tester l'honnêteté de Marta. Puis, par pudeur, Sandra va commencer à nettoyer avant l'arrivée de la femme de ménage. Puis ressalir car c'est quand même idiot de nettoyer quand on a une femme de ménage !
J'ai beaucoup aimé l'ambiance troublante et l'écriture originale de ce petit roman lu en moins de 2 heures.

Voir les commentaires

Les yeux jaunes des crocodiles

par Virginie Moret

publié dans Littérature française

les-yeux-jaunes.jpgLes yeux jaunes des crocodiles
Katherine Pancol
667 pages
mai 2007

4ème de couverture :
Ce roman se passe à Paris. Et pourtant on y croise des crocodiles. Ce roman parle des hommes. Et des femmes. Celles que nous sommes, celles que nous voudrions être, celles que nous ne serons jamais, celles que nous deviendrons peut-être. Ce roman est l'histoire d'un mensonge. Mais aussi une histoire d'amours, d'amitiés, de trahisons, d'argent, de rêves. Ce roman est plein de rires et de larmes. Ce roman, c'est la vie. 


Extrait :
"Elle avait besoin de pleurer. Elle ne savait pas pourquoi. Elle avait trop de bonnes raisons. Celle-là ferait l'affaire. Elle chercha des yeux un torchon, s'en empara et l'appliqua en garrot sur sa blessure. Je vais devenir fontaine, fontaine de larmes, fontaine de sang, fontaine de soupirs, je vais me laisser mourir. "

Mon avis : undefined 
J'ai beaucoup aimé cette saga romanesque, construite à la façon d'un téléfilm. C'est frais, c'est agréable. Ce n'est pas de la grande littérature mais c'est simple et efficace.
Ce roman m'a souvent fait pensé à "Ensemble c'est tout" d'Anna Gavalda, l'émotion en moins.
Dans ce roman, il est question d'un côté de Joséphine, historienne du 12ème siècle, passionnée de recherche. Elle est mère de deux filles et est mariée à Antoine, au chômage depuis un an. D'un autre côté, sa soeur, Isis, tout son opposé. Superficielle, vivant au travers de son mari, brillant avocat. Elle mise tout sur sa beauté et ses "grands yeux bleus".
L'histoire débute avec le départ d'Antoine qui va quitter femme et enfants pour partir avec une esthéticienne. Commence alors le temps des remises en question pour Joséphine.
De son côté, Isis, pour briller en société, va s'inventer une vie qu'elle n'a pas.
Les deux soeurs vont se reprocher autour de son mensonge.
Et puis il y a l'entourage : la mère de Jo et Isis, surnommée le "cure-dent" par son mari Marcel. Josiane, la secrétaire et maîtresse de Marcel. Zoé et Hortense, les deux filles de Joséphine. Et il y a encore les voisins, les amis, les collègues...
Toute une série de personnages attachants qu'on aurait tout autant de plaisir à revoir peut-être dans une adaptation au cinéma !

Voir les commentaires

Du bout des doigts

par Virginie Moret

publié dans Littérature étrangère

du-bout-des-doigts.jpgDu bout des doigts
Sarah Waters
750 pages
janvier 2005

4ème de couverture :

Londres, 1862. À la veille de ses dix-huit ans, Sue Trinder, l'orpheline de Lant Street, le quartier des voleurs et des receleurs, se voit proposer par un élégant, surnommé Gentleman, d'escroquer une riche héritière. Orpheline elle aussi, cette dernière est élevée dans un lugubre manoir par son oncle, collectionneur de livres d'un genre tout particulier. Enveloppée par une atmosphère saturée de mystère et de passions souterraines, Sue devra déjouer les complots les plus délicieusement cruels, afin de devenir, avec le concours de la belle demoiselle de Briar, une légende parmi les cercles interlopes de la bibliophilie érotique. Héritière moderne de Dickens, mais aussi de Sapho et des Libertins, Sarah Waters nous offre une vision clandestine de l'Angleterre victorienne, un envers du décor où les héroïnes, de mariages secrets en amours interdites, ne se conduisent jamais comme on l'attendrait. Un roman décadent et virtuose.

Extrait :
"En ce temps-là je m'appelais Susan Trinder. Les gens me disaient Sue. Je connais l'année de ma naissance, mais pendant longtemps j'ai fêté mon anniversaire à Noël, faute de savoir le jour. Je suis orpheline de père et de mère, autant que je sache. Ma mère en tout cas est bien morte. Je ne l'ai jamais connue, je ne me souciais pas d'elle. J'étais la fille de Mme Sucksby, ou c'était tout comme, et pour me tenir lieu de père il y avait M. Ibbs, serrurier à Land Street dans le Borough - "le Quartier", comme on disait -, sur la rive droite de la Tamise, au bord de l'eau."

Mon avis :undefined  undefined
Sur fond d'Angleterre Victorienne, ce roman nous entraîne dans les bas quartiers londoniens, repaire des délinquants et des escrocs. On y retrouve une atmosphère à la Dickens.
L'intrigue est excellente, les rebondissements en pagaille. On ne s'ennuie pas une seconde dans ce roman pourtant volumineux (ne pas se laisser décourager par l'épaisseur du livre cela en vaut la peine!)
Les personnages y sont diaboliques et machiavéliques. Tout y est manipulation. Mais qui manipule qui ?
Le roman est construit de manière binaire où chacune des protagonistes, Maud et Sue, nous apporte à tour de rôle son angle de vue.
On retrouve également l'atmosphère romantique des romans classiques du 19ème siècle grâce à une écriture élégante et aux comportements des personnages.
A noter également une touche de sensualité et d'homosexualité, bien que ce ne soit pas là l'essentiel du roman.

Voir les commentaires

La chambre des morts

par Virginie Moret

publié dans Romans policiers

La-chambre-des-morts.jpgLa chambre des morts
Franck Thilliez
341 pages
août 2006
prix des lecteurs Quais du Polar 2006

4ème de couverture
Imaginez... Vous roulez en pleine nuit avec votre meilleur ami, tous feux éteints. Devant vous, un champ d'éoliennes désert. Soudain le choc, d'une violence inouïe. Un corps gît près de votre véhicule. A ses côtés, un sac de sport. Dedans, deux millions d'euros, à portée de la main. Que feriez-vous ? Vigo et Sylvain, eux, ont choisi. L'amitié a parfois le goût du sang: désormais le pire de leur cauchemar a un nom... La Bête. 

Extrait :
"A travers les fenêtres verrouillées, l'été déversait une moiteur grasse, les mouches bourdonnaient, agglutinées en losanges émeraude sur un trognon de pomme pourri. De plus en plus, l'enfant se sentait impuissante face aux hordes ailées. Les insectes se multipliaient à une vitesse prodigieuse et fondaient sur le lit, trompes en avant, à chaque fois que la petite relâchait son attention. Bientôt, épuisée, affamée, elle serait forcée de capituler.
Même pas neuf ans et pourtant, déjà, l'envie de mourir."

Mon avis3.gif
Ce livre m'a fait pas mal penser au Silence des agneaux de Thomas Harris et à La ligne noire de Grangé...mais en moins bien.
Quelle serait votre réaction si en tuant un homme par accident, vous trouviez sur lui un sac de 2 millions d'euros et qu'il n'y avait aucun témoin ? Et quel est le rapport avec cette petite fille aveugle qui vient d'être enlevée ? 
Les évènements vont s'enchaîner dans ce livre de manière un peu trop évidente à mon goût et les rebondissements sont assez prévisibles. Les ficelles du thriller sont bien maîtrisées par l'auteur, mais la perspicacité des policiers, surtout de Lucie, est parfois surprenante! D'un autre côté, l'auteur nous laisse dans l'interrogative sur plusieurs points (la diabétique, l'armoire...).
Cependant, l'auteur nous emmène dans un univers très glauque où l'on a envie de savoir la suite malgré tout.
Une mention spéciale aux ch'timis : tout le roman a pour cadre le nord de la France, avec comme toile de fonds les corons de Lens, la régions dunkerquoise et le centre ville de Lille.
Bref, un bon roman de "gare" comme on dit. Efficacité assurée mais livre qui ne marquera pas les esprits une fois la dernière page tournée.

 

Voir les commentaires

L'élégance du hérisson

par Virginie Moret

publié dans Littérature française

L---l--gance-du-h--risson.jpgL'élégance du hérisson
Muriel Barbery
Parution mars 2007
359 pages

4ème de couverture
"Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants. Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. " 


Extrait :

Mme Michel, elle a l'élégance du hérisson : à l'extérieur, elle est bardée de piquants, une vraie forteresse, mais j'ai l'intuition qu'à l'intérieur, elle et aussi simplement raffinée que les hérissons, qui sont des petites bêtes faussement indolentes, farouchement solitaires et terriblement élégantes".

Mon avis : 4.gif

Un très bon roman, où il est question d'une concierge lettrée et autodidacte, Renée, et d'une jeune fille surdouée de 12 ans et demi, habitante du 5ème étage de l'immeuble, Paloma.
Le roman est rythmé par l'alternance de chapitres décrivant les réflexions de Renée, et les pensées de Paloma au travers de son journal des "Pensées profondes" et des "Mouvements du monde".
Subtil, drôle, émouvant, ce livre ne vous laissera pas indifférent. Un savant mélange de belle écriture et de philosophie.
Les premières pages peuvent être déroutantes, voire complexes, mais il faut persister!
Néanmoins (puisque j'aurai quand même une objection à formuler!) cette réflexion philosophique constante peu parfois être perçues comme un peu "too much" et n'apportant pas toujours au roman, surtout dans la première partie. Mais on comprend peu à peu que tout cela fait parti du personnage de Renée.
Au-delà de cela, les personnages sont très attachants, surtout Renée qui nous amène à réfléchir sur les apparences et les positions sociales. Que vaut une concierge, "petit personnel", au regard des riches habitants de cet immeuble ?
Quant à Paloma, malheureuse et incomprise, elle est effarée devant la vanité de sa famille et est convaincue du haut de ses 12 ans de l'absurdité de la vie. Elle prépare donc consciencieusement son suicide pour le jour de ses 13 ans.
Comment les destins des deux personnages principaux vont être amenés à se croiser ?  Je vous laisse le découvrir!


Site de l'auteur
http://muriel.barbery.net/

Voir les commentaires

<< < 10 20 21 22 23 > >>