Ecoute le chant du vent

publié dans Littérature étrangère

Mon avis : 3.gif

 

Après 37 ans, Haruki Murakami autorise enfin la publication de ses deux premiers romans/nouvelles, "Ecoute le chant du vent", prix Gunzo 1979 et "Flipper, 1973", tous deux totalement inédits en France. Quelques traductions "officieuses" circulaient jusqu'à présent.

Ces deux romans indépendants mais qui se font échos sont en fait les deux premier romans d'un "cycle" (La trilogie du rat) qui s'achève par "La course au mouton sauvage", qui a lui été traduit il y a de nombreuses années.

Murakami les appelle ses "romans de cuisine", parce qu'à l'époque, jeune patron d'un bar, il commence à écrire ses premières histoire...sur la table de la cuisine.

Dans "Ecoute le chant du vent", on découvre un jeune homme et son ami le Rat (que l'on retrouvera d'ailleurs dans d'autres romans plus tard). A deux, au comptoir d'un bar, ils reparlent de tout et de rien, reviennent sur leurs expériences amoureuses passées. Et puis il y a cette fille à 4 doigts qu'il rencontrera par hasard et qu'il recherchera ensuite.

Dans "Flipper, 1973", il est question comme son nom l'indique, de flipper, mais de flipper qui parle, quand tous les autres restent muets. Là aussi, des filles étranges, des jumelles, qui partagent sa vie et son lit...

Je dirais que ces deux romans sont bien en-deçà de ses romans plus récents. Néanmoins, on y retrouve l'ambiance et les thèmes qui lui sont chers, un peu comme une ébauche de ce que son oeuvre deviendra plus tard. On assiste à l'éclosion du grand auteur qu'il est devenu, mais je ne suis pas certaine que cela plaise à tous...

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Le livre des Baltimore

publié dans Littérature française

Mon avis : 4-5.gif

 

J'avais adoré "La vérité sur l'affaire Harry Québert" sorti en 2012. J'ai également adoré ce dernier roman de l'écrivain suisse Joël Dicker.

On y retrouve Marcus, le personnage central de son précédent roman, quelques années plus tôt.

L'histoire, c'est celle d'un Drame familial, dont on nous parlera tout au long du roman sans pour autant savoir de quoi il s'agit. Il y a d'un côté les Goldman-de-Montclair, famille de classe moyenne dont est issu Marcus. De l'autre, les Goldman-de-Baltimore. La réussite à l'américaine, les grandes maisons, le luxe. Durant toute son enfance, Marcus vouera un véritable culte et une admiration sans borne à la vie de ses cousins.

8 ans après le Drame, Marcus décide de prendre la plume et de nous raconter l'histoire de sa famille.

Le roman est construit sous forme de flash-back habillement menés avec en toile de fond ce "Drame" dont on présent la gravité.

Difficile de lâcher ce roman captivant. Alors oui, comme j'ai pu le lire dans certains articles, Joël Dicker reprend un peu les ficelles de son précédent roman, oui, c'est parfois un peu poussif et caricatural, oui l'écriture est plutôt simple. Mais franchement, quel plaisir de lecture au final ! Les personnages sont attachant, le roman est très visuel et le dénouement de fait pas "flop".

 

 

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Charlotte

publié dans Littérature française

Mon avis : 4-5.gif

 

David Foenkinos est un auteur que j'apprécie particulièrement. Son style, son humour font mouche.

Lors de la sortie de son dernier roman, "Charlotte", j'ai longtemps tourné autour sans passer le pas. Le thème ne m'emballait pas du tout. Qui était donc cette fameuse "Charlotte Salomon" artiste peintre autour de laquelle l'auteur avait bâti son roman? Et puis pourquoi cette écriture en vers comme une poésie sans rime? J'attendais la sortie en poche...

Et puis au moment de Noël est sortie l'édition illustrée avec les oeuvres de cette fameuse Charlotte Salomon (suis-je la seule à ne pas la connaître au fait??)

Le Père Noël ayant bien fait son job, il a attéri au pied du sapin. Un très bel ouvrage !

David Foenkinos est ainsi parti sur les trace de cette artiste peintre, juive allemande née en 1917 et morte à Auschwitz en 1943.

Il y a d'abord cette tragédie familiale avec ces suicides à répétition et cette mélancolie qui ne quitte par Charlotte. Elle parle peu. Son moyen d'expression privilégié : la peinture. Elle est douée, remarquée par son entourage puis par des professeurs à l'école des Beaux-Arts.

Mais dans le milieux des années 30, la montée du nazisme va l'empêcher d'exprimer son art. Au moment où elle vit une passion amoureuse à Berlin, elle est contrainte à l'exil en France, pour pense-t-elle échapper au destin funeste des juifs en Allemagne.

C'est durant cette période qu'elle élabore son oeuvre picturale autobiographique (que l'on retrouve en extrait dans ce livre).

Vraiment un très beau roman. Je ne peux que conseiller de le lire dans sa version illustrée car c'est un vrai plus pour marcher dans les pas de l'artiste.

 

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La France d'antan à travers la carte postale ancienne

publié dans documentaire

Mon avis : 

 

Reçu gracieusement par HC Edition, j'étais au départ un peu sceptique de l'attrait d'un tel ouvrage. Mais finalement, c'est plutôt intéressant.

Au travers de près de 900 cartes postales d'époque, l'auteur nous retrace la vie en France au début du 20ème siècle. On imagine le travail de titan qu'il a fallu mener pour faire un tel ouvrage...

Les cartes sont classées par thématiques telles que la vie agricole, les transports, la vie industrielle, la vie religieuse, Paris...accompagnées d'un petit texte explicatif.

A l'époque du numérique, ces cartes postales en noir et blanc semblent bien désuètes et hors du temps mais pourtant, ce n'est pas si éloigné. On mesure les bouleversements dans nos modes de vie en quelques dizaines d'années.

J'ai particulièrement apprécié le répertoire des villes à la fin du livre. Evidemment, on cherche SA ville, celle de ses vacances, de sa famille. En tant que nordiste, j'ai plus particulièrement été attirée par toutes les pages sur la vie industrielle textile, le début de la vente par correspondance (et j'ai appris pas mal de choses !), la braderie de Lille.

 

A l'approche des fêtes de Noël, voilà un livre sympa à offrir à ses parents, grands-parents ou à soi-même.

 

La France d'antan à travers la carte postale ancienne
La France d'antan à travers la carte postale ancienne
La France d'antan à travers la carte postale ancienne
La France d'antan à travers la carte postale ancienne
La France d'antan à travers la carte postale ancienne
La France d'antan à travers la carte postale ancienne

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On ne voyait que le bonheur

par Virginie

Mon avis : 

 

Antoine est marié, a 2 jeunes enfants et habite dans le Nord. Il travaille dans les assurances et passe sa vie à estimer la "valeur" de celle des autres au travers des préjudices subis. Evidemment, il faut payer le moins possible.

A l'approche de la mort de son père, il se met à s'interroger sur la valeur de sa propre vie. Dissection d'un vie à la manière d'une analyse chez un psy, retour douloureux sur ce "non amour" parental et les répercussions. Bilan peu réjouissant, vie ratée?

Une nuit, il va commettre un acte à la fois odieux et inexplicable. J'avoue ne pas avoir vu venir le coup. Tout vole en éclat.

Ce roman est noir et le lecteur est pour le moins malmené. Le rythme haletant fait qu'on peut difficilement le lâcher. J'ai quand même trouvé la construction en "triptyque"  assez inégale avec une seconde partie en deçà de la première. Mais l'ensemble est réussi et inattendu (rien à voir avec "La liste de mes envies").

 

On se fane, tu sais, quand on n'est plus choisi, on se décivilise, on se méprise, on s'ignore. On mange mal, on devient sale, on se met à sentir. Alors on attend un ange, bienveillant, qui se penchera sur vous, qui vous sauvera. Mais les anges ne viennent pas. Les hommes ne se relèvent jamais, c'est ce qui les rend touchants. Ils tombent toujours, avec plus ou moins de distinction; leurs bras se tendent, leurs mains s'agrippent au vide de leurs illusions, leurs ongles se cassent. La vie n'est qu'une longue chute.

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Profession du père

publié dans Littérature française

Mon avis : 

 

Au début des années 60, Emile Choulans, un jeune garçon d'une dizaine d'années vit seul avec ses parents. Chaque rentrée scolaire, lorsqu'il faut remplir la fiche de renseignement Nom, Prénom..., Emile bloque sur "Profession du père"...Que fait réellement son père? Tantôt chanteur, footballeur, parachutiste, espion ou même conseiller du Général de Gaulle.

Un père peu ordinaire donc, probablement mythomane. Avoir un père aussi fantasque pourrait être génial aux yeux de cet enfant. Mais grosse ombre au tableau : la violence du père, les coups qui pleuvent sans cesse, l'armoire transformée en "maison de correction". Et surtout cette mère passive, résignée et complétement soumise.

Mais malgré cette situation, Emile fait tout pour plaire à son père et s'embarquera dans une aventure rocambolesque avec un camarade de classe sur fond de guerre d'Algérie. Il est évident que son père sera fier de lui.

Cette histoire, c'est celle de l'auteur lui-même. Un roman donc très personnel mais qui reste abordé sans pathos.

C'est le second roman de Chalandon que je découvre (après "Le quatrième mur") et une nouvelle fois, je trouve qu'il s'agit d'un roman très marquant. La violence des actes derrière la douceur des mots.

 

 

Mon père a été chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur d’une Eglise pentecôtiste américaine et conseiller personnel du général de Gaulle jusqu’en 1958. Un jour, il m’a dit que le Général l’avait trahi. Son meilleur ami était devenu son pire ennemi. Alors mon père m’a annoncé qu’il allait tuer de Gaulle. Et il m’a demandé de l’aider.
Je n’avais pas le choix.
C’était un ordre.
J’étais fier.
Mais j’avais peur aussi…
À 13 ans, c’est drôlement lourd un pistolet.

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Replay

publié dans Littérature étrangère

Mon avis : 

 

Qui n’a jamais rêvé de revivre sa vie, en essayant de corriger les erreurs du passé ?

C’est ce qui arrive à Jeff, 43 ans, qui décède brutalement d’une crise cardiaque. Il se réveille, 25 ans plus tôt, avec en tête tous les souvenirs de sa vie antérieure.

Passé le choc de la découverte de sa situation, il se dit, comme bon nombre le feraient, que le meilleur moyen de recommencer sa vie est de le faire avec de l’argent, beaucoup d’argent. Quelques paris réussis dans les courses de chevaux, des investissements dans les secteurs qu’il sait porteur, voilà sa nouvelle vie sous le signe de l’opulence.

Mais à 43 ans, nouvelle crise cardiaque, nouveau « replay » et nouvelle orientation à sa vie car cela paraît évident, mais l’argent n’a pas fait son bonheur…

Je ne sais plus combien il y a de « replay » dans ce roman, mais ce qui est sûr, c’est qu’on ne s’ennuie pas une seconde.

Un beau et bon livre de science-fiction teinté de nostalgie.

Une seule chose comptait : le quart de siècle (à peu près) qu’il lui restait à vivre. Il le vivrait comme il le déciderait et dans son propre intérêt. Rien ne passerait avant cela : ni le travail, ni les amitiés, ni les relations avec des femmes. Ces choses-là faisaient partie de sa vie, en étaient des composantes précieuses, mais elles ne la définissaient pas, ne devaient pas la diriger. Sa vie dépendait de lui et de lui seul.

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L'orangeraie

Mon avis : 4-5.gif

 

Deux frères jumaux, Amed et Aziz, grandissent à l'ombre de l'orangeraie familiale. Dans quel pays sommes-nous? On ne le sait pas exactement. Un pays en guerre en tout cas, qui pourrait être l'Irak, la Syrie ou bien le Liban. Des bombes éclatent de temps en temps, au loin.

Un jour, c'est la maison de leurs grands-parents qui est touchée entrainant la mort de ceux-ci...et la fin de leur innocence.

Il faut alors répondre au sang par le sang, venger cette mort au nom de convictions religieuses. Je n'en dis pas plus pour ne pas déflorer la force de cette très courte histoire.

Un roman qui marque les esprits, qui prend à la gorge et fait réfléchir. Une fois la dernière page tournée, difficile de ne pas y repenser.

 

 

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Codex 632 : le secret de Christophe Colomb

publié dans Littérature étrangère

Mon avis : 

 

Je remercie HC Editions de m'avoir envoyé cet ouvrage que je n'aurais peut-être pas eu l'idée d'acheter ; une histoire autour du personnage de Christophe Colomb n'est pas spotanément ce qui m'attire...

C'est sans compter sur le talent de l'écrivain portugais Dos Santos.

Tomàs Noronha, le cryptologue déjà présent dans les précédents romans de Dos Santos, se retrouve une nouvelle fois appelé pour résoudre une énigme historique (c'est en réalité une aventure antérieure aux précédentes car on retrouve un Tomàs plus jeune, au tout début de sa carrière).

Un professeur d'histoire est retrouvé mort dans sa chambre d'hôtel au Brésil alors qu'il travaillait sur la découverte du Nouveau Monde. Autour de cette mort, de mystérieux codes secrets que personne n'est capable de déchiffrer, sauf peut-être notre cryptologue. Et surtout une grande interrogation : Christophe Colomb a-t-il réellement découvert l'Amérique, ou tout cela n'est-il qu'une vaste supercherie ? Pourquoi le nom de Christophe Colomb n'est-il jamais mentionné dans les documents de l'époque ? Pourquoi celui qui est sensé être génois ne parle ni italien ni génois ? Y a-t-il un rapport avec l'expulsion des juifs du Portugal ?

Un thriller intelligent dans lequel on s'instruit, mine de rien.

"La formule de Dieu" du même auteur reste néanmoins mon préféré, du fait de sa thématique, mais celui-ci, en recourant au même type de schéma narratif, n'en demeure pas moins captivant.

 

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Le passeur

publié dans Littérature étrangère

Mon avis : 4-5.gif

 

Dans le monde (futuriste?) de Jonas, la guerre, la pauvreté, le chômage et le divorce n'existent pas. Il n'y a pas non plus d'inégalités et tout y est parfaitement réglé. Pour leur bien, les personnes trop âgées ou jugées inaptes par la communauté sont "élargies". Personne ne sait vraiment ce que cela signifie, mais tout le monde se réjouie de cette pratique.

Tous les habitants sont pris en charge et chaque classe d'âge se voit attribuer des pratiques qui lui sont propres. Douze grandes cérémonies, une par an, vont rythmer la vie des enfants. La 12ème est la plus importante car c'est lors de celle-ci que l'enfant va se voir attribuer son futur métier. 

Jonas, lors de cette cérémonie, sera désigné comme le futur "dépositaire de la mémoire". Une bien étrange fonction...

Un roman à classer dans les fameuses "dystopies", ou contre-utopie. L'ouvrage est destiné aux adolescents, mais mérite vraiment d'être lu par tous. Pour ceux et celles qui ont des ados, c'est peut-être même une formidable occasion de pouvoir échanger sur les thèmes de la liberté, du libre arbitre et du contrôle de nos vies.

Nous ne pouvons pas prendre le risque de laisser les gens faire des choix.
- Ce serait dangereux? suggéra le Passeur.
- Tout à fait dangereux, répliqua Jonas avec assurance.
Et si on les autorisait à choisir leur conjoint? Et s'ils faisaient le mauvais choix? Ou si, poursuivit-il en riant presque devant l’absurdité d'une telle hypothèse, ils choisissaient leur métier?

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