Amours

publié dans Littérature française

Mon avis : 

 

Nous sommes en 1908, dans une maison bourgeoise du centre de la France. Victoire est mariée depuis 5 ans à Anselme, l'archétype du notable provincial. Un mariage de convenance et arrangé, comme cela se faisait beaucoup à l'époque. L'amour qu'on lui a promis ne vient pas, tout comme l'enfant tant attendu...

Mais un jour, la petite bonne de la maison, Céleste, tombe enceinte. Impossible pour elle de garder cet enfant car cela signifierait perdre son travail. Cependant, Victoire et Anselme vont décider d'un tout autre avenir pour cet enfant : il sera le leur, l'héritier tant attendu.

Dans ce huis-clos d'un autre temps aux allures de "Madame Bovary", l'arrivée de cet enfant va chambouler toutes les convenances et le destin de ces deux femmes. 

Un bien beau roman à l'atmosphère intimiste servi par une écriture précise et délicate

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En attendant Bojangles

publié dans Littérature française

Mon avis : 4-5.gif

 

A 35 ans, on peut dire qu'Olivier Bourdeaut, qui a longtemps hésité à se lancer dans l'écriture, fait une entrée magistrale dans la littérature de ce début d'année !

Un succès de librairie amplement mérité pour ce livre "fell good" intelligent et touchant.

Un petit air de Boris Vian et d'Alexandre Jardin dans ce roman doucement déjanté.

Sous le regard attendri et émerveillé de leur fils, un couple fantasque décide de faire de leur vie une fête permanente. Ils ne peuvent s'empêcher de danser encore et encore sur la musique si douce de Nina Simone, "Mister Bojangles".

On part à l'improviste à la recherche d'un château en Espagne, l'école du fils, jamais le matin car il faut profiter des fêtes jusqu'au bout de la nuit.

Le récit alterne entre la narration du fils avec sa touchante naïveté et ses fausses interprétations d'enfant qui nous font sourire et la narration du père, épris d'un amour fou pour cette femme hors du commun.

Mais une ombre pointe petit à petit son nez dans ce tableau idyllique : la maladie mentale dont commence à souffrir la mère. Face à ce "déménagement" dans la tête, la famille est prête à toute, y compris les pires folies...L'amour fou n'aura jamais aussi bien porté son nom !

 

Un homme chapeauté d'un suppositoire qui moule grossièrement ses bourses dans un collant fluorescent pour gravir une côte à bicyclette n'a certainement plus toute sa tête.

Cette folie, je l'avais accueillie à bras ouverts, puis je les avais refermés pour la serrer fort et m'en imprégner, mais je craignais qu'une telle folie douce ne soit pas éternelle. Pour elle, le réel n'existait pas. J'avais rencontré une Don Quichotte en jupe et en bottes, qui, chaque matin, les yeux à peine ouverts et encore gonflés, sautait sur son canasson, frénétiquement lui tapait les flancs, pour partir au galop à l'assaut de ses lointains moulins quotidiens.

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La fractale des raviolis

Mon avis : 3-5-copie-1.gif

 

Inventivité. Tel pourrait être le maître mot de ce roman.

Un mari volage dit un jour à sa femme "je suis désolé ma chérie, je l'ai sautée par inadvertance".

Ni une ni deux, sa femme décide alors de se venger et d'accomplir le crime parfait empochant au passage la prime d'assurance qui va bien avec.

Mais rien ne va se passer comme prévu quand au moment de passer à l'acte, le petit voisin débarque à l'improviste. Vite, il faut prendre une décision. Elle repense alors à une histoire vieille de 20 ans durant laquelle son père a fait preuve d'une grande réactivité dans une prise de décision.

Et nous voilà embarqués dans une seconde histoire toute aussi truculente. Cette seconde histoire nous emmène elle-même dans une troisième, et une quatrième et ainsi de suite.

Les histoires s'imbriquent les unes dans les autres comme des poupées gigognes, sorte de contes des Mille et une nuits des temps modernes.

C'est vraiment très amusant à lire et la fin n'est pas en reste !

 

Je suis désolé, ma chérie. Je l'ai sautée par inadvertance.
Je comprends qu'un homme puisse sauter une femme par dépit, par vengeance, par pitié, par compassion, par désœuvrement, par curiosité, par habitude, par excitation, par intérêt, par gourmandise, par nécessité, par charité, et même parfois par amour. Par inadvertance, ça non.

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Celle que vous croyez

Mon avis : 5.gif

 

Celle que vous croyez, c'est un roman vertigineux sous forme de labyrinthe, intelligent et extrêmement bien mené.

L'histoire, c'est celle d'une femme de 48 ans, professeur de littérature divorcée. Afin d'espionner son amant épisodique, Jo, elle se crée un faux profil Facebook afin d'entrer en relation avec un de ses meilleurs amis, Chris. Elle se met alors dans la peau d'une jeune femme de 24 ans à la photo avantageuse. Chris accepte immédiatement la demande, ils commence à échanger et de fil en aiguille, l'attirance se fait sentir.

Jeu dangereux dans lequel tout le monde se perdra à en devenir fou.

On le sait dès le début, Claire, la protagoniste, a pété les plombs. Mais ce roman, ce n'est pas que cette histoire d'amour virtuel, somme toute assez "banale". C'est également l'histoire d'une femme "périmée" car atteignant la cinquantaine (oh !!!), ses désirs moqués. C'est également un incroyable jeu de miroirs dans lequel le lecteur se demande au fil des pages qui est réellement cette femme? Qui dit la vérité? Au jeu de l'amour et du hasard, nul n'en ressort indemne.

Et enfin, c'est je trouve un véritable tour de force narratif, à la construction "circulaire", extrêmement bien écrit. L'auteur tisse sa toile avec une main de maître pour le plus grand plaisir du lecteur !

 

 

 

J'ai lu que sur les sites de rencontres, la frontière entre quarante-neuf et cinquante ans est pour les femmes le gouffre où elles s'abîment. A quarante-neuf ans, elles sont en moyenne quarante visites par semaine, à cinquante ans elles n'en ont plus que trois. Et pourtant, rien n'a changé, elles sont les mêmes, avec un an de pus.

L’amour c’est vivre dans l’imagination de quelqu’un. Une fiction, oui. Et alors ? Être aimée, c’est devenir une héroïne.L’amour c’est un roman que quelqu’un écrit sur vous. Et réciproquement. Il faut que ce soit réciproque sinon c’est l’enfer.

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Le début des haricots

publié dans Littérature française

Mon avis : 

 

Voilà une belle découverte à côté de laquelle je serais totalement passée si je n'avais pas été contactée directement par l'écrivain.

Ce roman est paru en autoédition au format ebook sur Amazon. Et dans ce cas, c'est bien évidemment l'auteur qui se charge de son auto-promo. 

Je reçois régulièrement des sollicitations de la part d'écrivains qui sont dans ce type de démarche, mais j'avoue que c'est bien la première fois que j'accepte...Un petit mail sympa, un livre qu'elle qualifie de "comédie romantique, roman léger et drôle". Piquée par la curiosité, envie de ressortir ma Kindle reçue à Noël, me voilà partie pour cette nouvelle lecture.

Anna est une jeune femme trentenaire médecin urgentiste dans un hôpital parisien. Elle est brillante et son avenir est tout tracé. Son père, grand ponte de la médecine dans ce même hôpital, la pousse en tout cas avec autorité dans ce sens.

Comme chaque année, Anna se rend à San Francisco pour un prestigieux congrès de médecine afin d'y présenter les derniers travaux de son père.

Mais après une nuit de garde qui vire au cauchemar, Anna ne sait plus sur quel pied danser. Arrivée à l'aéroport, elle décide de sécher ce congrès et se laisse attirer par un autre rassemblement aux allures de secte : un stage "thérapeutique" sur le thème du courage...

L'histoire, bien qu'un peu convenue dans son déroulement, n'en demeure pas moins hyper agréable à lire. J'ai vraiment passé un très bon moment de lecture en compagnie d'Anna et de son groupe de méditation-végétario-bobo !

Si vous avez une Kindle, un roman frais et moderne à télécharger sans réserve (2.99€) !

 

 

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Ecoute le chant du vent

publié dans Littérature étrangère

Mon avis : 3.gif

 

Après 37 ans, Haruki Murakami autorise enfin la publication de ses deux premiers romans/nouvelles, "Ecoute le chant du vent", prix Gunzo 1979 et "Flipper, 1973", tous deux totalement inédits en France. Quelques traductions "officieuses" circulaient jusqu'à présent.

Ces deux romans indépendants mais qui se font échos sont en fait les deux premier romans d'un "cycle" (La trilogie du rat) qui s'achève par "La course au mouton sauvage", qui a lui été traduit il y a de nombreuses années.

Murakami les appelle ses "romans de cuisine", parce qu'à l'époque, jeune patron d'un bar, il commence à écrire ses premières histoire...sur la table de la cuisine.

Dans "Ecoute le chant du vent", on découvre un jeune homme et son ami le Rat (que l'on retrouvera d'ailleurs dans d'autres romans plus tard). A deux, au comptoir d'un bar, ils reparlent de tout et de rien, reviennent sur leurs expériences amoureuses passées. Et puis il y a cette fille à 4 doigts qu'il rencontrera par hasard et qu'il recherchera ensuite.

Dans "Flipper, 1973", il est question comme son nom l'indique, de flipper, mais de flipper qui parle, quand tous les autres restent muets. Là aussi, des filles étranges, des jumelles, qui partagent sa vie et son lit...

Je dirais que ces deux romans sont bien en-deçà de ses romans plus récents. Néanmoins, on y retrouve l'ambiance et les thèmes qui lui sont chers, un peu comme une ébauche de ce que son oeuvre deviendra plus tard. On assiste à l'éclosion du grand auteur qu'il est devenu, mais je ne suis pas certaine que cela plaise à tous...

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Le livre des Baltimore

publié dans Littérature française

Mon avis : 4-5.gif

 

J'avais adoré "La vérité sur l'affaire Harry Québert" sorti en 2012. J'ai également adoré ce dernier roman de l'écrivain suisse Joël Dicker.

On y retrouve Marcus, le personnage central de son précédent roman, quelques années plus tôt.

L'histoire, c'est celle d'un Drame familial, dont on nous parlera tout au long du roman sans pour autant savoir de quoi il s'agit. Il y a d'un côté les Goldman-de-Montclair, famille de classe moyenne dont est issu Marcus. De l'autre, les Goldman-de-Baltimore. La réussite à l'américaine, les grandes maisons, le luxe. Durant toute son enfance, Marcus vouera un véritable culte et une admiration sans borne à la vie de ses cousins.

8 ans après le Drame, Marcus décide de prendre la plume et de nous raconter l'histoire de sa famille.

Le roman est construit sous forme de flash-back habillement menés avec en toile de fond ce "Drame" dont on présent la gravité.

Difficile de lâcher ce roman captivant. Alors oui, comme j'ai pu le lire dans certains articles, Joël Dicker reprend un peu les ficelles de son précédent roman, oui, c'est parfois un peu poussif et caricatural, oui l'écriture est plutôt simple. Mais franchement, quel plaisir de lecture au final ! Les personnages sont attachant, le roman est très visuel et le dénouement de fait pas "flop".

 

 

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Charlotte

publié dans Littérature française

Mon avis : 4-5.gif

 

David Foenkinos est un auteur que j'apprécie particulièrement. Son style, son humour font mouche.

Lors de la sortie de son dernier roman, "Charlotte", j'ai longtemps tourné autour sans passer le pas. Le thème ne m'emballait pas du tout. Qui était donc cette fameuse "Charlotte Salomon" artiste peintre autour de laquelle l'auteur avait bâti son roman? Et puis pourquoi cette écriture en vers comme une poésie sans rime? J'attendais la sortie en poche...

Et puis au moment de Noël est sortie l'édition illustrée avec les oeuvres de cette fameuse Charlotte Salomon (suis-je la seule à ne pas la connaître au fait??)

Le Père Noël ayant bien fait son job, il a attéri au pied du sapin. Un très bel ouvrage !

David Foenkinos est ainsi parti sur les trace de cette artiste peintre, juive allemande née en 1917 et morte à Auschwitz en 1943.

Il y a d'abord cette tragédie familiale avec ces suicides à répétition et cette mélancolie qui ne quitte par Charlotte. Elle parle peu. Son moyen d'expression privilégié : la peinture. Elle est douée, remarquée par son entourage puis par des professeurs à l'école des Beaux-Arts.

Mais dans le milieux des années 30, la montée du nazisme va l'empêcher d'exprimer son art. Au moment où elle vit une passion amoureuse à Berlin, elle est contrainte à l'exil en France, pour pense-t-elle échapper au destin funeste des juifs en Allemagne.

C'est durant cette période qu'elle élabore son oeuvre picturale autobiographique (que l'on retrouve en extrait dans ce livre).

Vraiment un très beau roman. Je ne peux que conseiller de le lire dans sa version illustrée car c'est un vrai plus pour marcher dans les pas de l'artiste.

 

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La France d'antan à travers la carte postale ancienne

publié dans documentaire

Mon avis : 

 

Reçu gracieusement par HC Edition, j'étais au départ un peu sceptique de l'attrait d'un tel ouvrage. Mais finalement, c'est plutôt intéressant.

Au travers de près de 900 cartes postales d'époque, l'auteur nous retrace la vie en France au début du 20ème siècle. On imagine le travail de titan qu'il a fallu mener pour faire un tel ouvrage...

Les cartes sont classées par thématiques telles que la vie agricole, les transports, la vie industrielle, la vie religieuse, Paris...accompagnées d'un petit texte explicatif.

A l'époque du numérique, ces cartes postales en noir et blanc semblent bien désuètes et hors du temps mais pourtant, ce n'est pas si éloigné. On mesure les bouleversements dans nos modes de vie en quelques dizaines d'années.

J'ai particulièrement apprécié le répertoire des villes à la fin du livre. Evidemment, on cherche SA ville, celle de ses vacances, de sa famille. En tant que nordiste, j'ai plus particulièrement été attirée par toutes les pages sur la vie industrielle textile, le début de la vente par correspondance (et j'ai appris pas mal de choses !), la braderie de Lille.

 

A l'approche des fêtes de Noël, voilà un livre sympa à offrir à ses parents, grands-parents ou à soi-même.

 

La France d'antan à travers la carte postale ancienne
La France d'antan à travers la carte postale ancienne
La France d'antan à travers la carte postale ancienne
La France d'antan à travers la carte postale ancienne
La France d'antan à travers la carte postale ancienne
La France d'antan à travers la carte postale ancienne

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On ne voyait que le bonheur

par Virginie

Mon avis : 

 

Antoine est marié, a 2 jeunes enfants et habite dans le Nord. Il travaille dans les assurances et passe sa vie à estimer la "valeur" de celle des autres au travers des préjudices subis. Evidemment, il faut payer le moins possible.

A l'approche de la mort de son père, il se met à s'interroger sur la valeur de sa propre vie. Dissection d'un vie à la manière d'une analyse chez un psy, retour douloureux sur ce "non amour" parental et les répercussions. Bilan peu réjouissant, vie ratée?

Une nuit, il va commettre un acte à la fois odieux et inexplicable. J'avoue ne pas avoir vu venir le coup. Tout vole en éclat.

Ce roman est noir et le lecteur est pour le moins malmené. Le rythme haletant fait qu'on peut difficilement le lâcher. J'ai quand même trouvé la construction en "triptyque"  assez inégale avec une seconde partie en deçà de la première. Mais l'ensemble est réussi et inattendu (rien à voir avec "La liste de mes envies").

 

On se fane, tu sais, quand on n'est plus choisi, on se décivilise, on se méprise, on s'ignore. On mange mal, on devient sale, on se met à sentir. Alors on attend un ange, bienveillant, qui se penchera sur vous, qui vous sauvera. Mais les anges ne viennent pas. Les hommes ne se relèvent jamais, c'est ce qui les rend touchants. Ils tombent toujours, avec plus ou moins de distinction; leurs bras se tendent, leurs mains s'agrippent au vide de leurs illusions, leurs ongles se cassent. La vie n'est qu'une longue chute.

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