Articles avec litterature francaise

Little Brother

par Virginie

publié dans Littérature française

Mon avis : 3-5-copie-1.gif

Pour changer des lectures romanesques classiques, voici un petit ouvrage du célèbre philosophe Raphaël Enthoven.

Adepte de ses chroniques télé ou radio, je me suis laissée tenter par son dernier ouvrage, "Little Brother".

Au travers d'une trentaine de très courts chapitres, l'auteur aborde des sujets du quotidien contemporains et les élève sous l'angle de la réflexion philosophique. 

Entre autres réflexions, nous avons droit aux fameux selfies (et sa truculente comparaison aux nains de jardins. A lire !), la "prière du soir" autour du 20h télévisuel à l'heure où l'information est finalement désormais disponible à tout moment ou encore la notion de voisins vigilants et le vivre ensemble. Le "Big Brother" est révolu, nous sommes désormais à l'ère du "Little Brother" où tout le monde surveille tout le monde, sous prétexte que nous vivrons mieux ensemble ainsi. Une intéressante réflexion également sur le célèbre "hashtag" qui a envahi notre quotidien.

Une lecture très intéressante, hyper accessible et qui amène forcément à la réflexion.

Le seul bémol, et qu'on ne découvre qu'à la fin, c'est que cet ouvrage n'est finalement que la compilation d'articles parus dans "Philosophie Magazine"...

Mais pour reprendre une citation de George Orwell dans 1984, "dans des temps de tromperie généralisée, le seul fait de dire la vérité est un acte révolutionnaire". Alors, on lui pardonne ?

Sitôt qu'un syntagme porte avec lui l'espoir d'être repris, il se voit flanqué, comme d'un sac à dos, du petit #croisillon démultiplicateur qui permet d'identifier et d'agglomérer des contenus identiques...Il en résulte des phrases illisibles dont un #mot sur #deux a #quatre #barres plantées dans le #dos

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Le Bureau des Jardins et des Etangs

par Virginie

publié dans Littérature française

Mon avis :  3-5-copie-1.gif

Nous sommes au 12ème siècle, au Japon. Katsuro est un pêcheur de carpes reconnu de tous et à ce titre, il est un fournisseur prisé des étangs sacrés de la cité impériale. Il entreprend régulièrement le périlleux voyage vers Héjankyo pour livrer les précieux poissons. Mais lors de sa dernière pêche, Katsuro meurt, noyé.

C'est alors Miyuki, sa jeune épouse, qui va effectuer cette livraison, afin de sauvez l'honneur et la réputation de son village. Elle s'engage dans ce périple, cheminant courageusement vers la cité impériale. Un chemin semé d'embûches, de mauvaises rencontres et de difficultés diverses et variées.

Pour l'aider dans son avancée, l'ombre de son mari et les heureux souvenirs.

Ce roman est extrêmement dépaysant, pour nous occidentaux, malgré je trouve quelques longueurs. 

 

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Petit pays

publié dans Littérature française

Mon avis : undefined

Le petit pays dont parle Gaël Faye, c'est le Burundi. L'histoire qui nous est contée, c'est celle de la bascule d'une vie tranquille, faite de rire et d'insouciance vers la guerre civile et le chaos.

En 1993, le coup d'Etat et l'assassinat du président marquent le début de cette période.

Au travers des yeux d'un enfant de 10 ans, l'auteur nous relate les faits. Les Hutu, les Tutsis, le génocide Rwandais...

Tout cela pourrait fournir les éléments d'un formidable roman, mais pour ma part, je n'ai pas vraiment accroché. Le style, l'écriture, le point de vue de l'enfant...Rien, nada, pas d'émotion et plus que tout, je me suis ennuyée ferme pendant une bonne partie du roman, ce qui est un comble étant donné le faible nombre de pages...

Le roman a tout de même eu le mérite de me faire lire quelques documents annexes sur l'histoire de ce "petit pays" car même si nous avons  en mémoire les titres des informations de l'époque sur le sujet, il est clair que tout cela peut paraître bien lointain..

Généralement, je ne suis pas déçue par le prix Goncourt des lycéens. Cette fois-ci aura donc été une exception !

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Montrez-moi vos mains

publié dans Littérature française

Mon avis :  5.gif

Quand un artiste que j'apprécie particulièrement prend la plume pour la première fois, évidemment, je ne peux pas résister ! Et j'ai bien fait.

On ne choisit pas ce genre d'essai pour ses qualités littéraires (quoique pour le coup, c'est plutôt pas mal réussi) mais essentiellement pour ce que cela va raconter.

En mode groupie initialement, j'ai été très touchée par ce qu'Alexandre Tharaud nous livre.

La vie d'un artiste, d'un soliste de haut niveau, qui vit et vibre au travers de la musique. Il ne semble pas courir après la reconnaissance, fuyant les cocktails mondains. Sa vie, c'est la scène, le public et tout son univers.

J'ai ri lorsqu'il décrit les différents tourneurs de pages qui l'accompagnent lors de ses représentations; j'ai encore ri lorsqu'il disserte sur les différentes façons des spectateurs de tousser en plein concert ou alors de déballer son papier de bonbon. Sans parler de sa façon de découper, scotcher ses partitions (un pianiste qui déroge au sacro-saint par coeur !!)

Sa vie, ce sont les avions, les hôtels, la découverte d'une nouvelle scène, d'un nouveau piano. Et ses amis, qui lui tournent le dos car il ne peut que rarement répondre présent aux invitations à dîner, comme si manger avec quelqu'un était la condition d'une réelle amitié. Ce pianiste est vraiment touchant.

Lorsqu'on pratique soi-même le piano (à un tout petit niveau...), c'est encore plus délectable à lire. Je ne suis donc pas la seule à être en difficulté pour "jouer" les fameux silences !!

J'espère un jour avoir la chance de le voir en concert pour écouter ses interprétations de Rachmaninov...

 

"Au piano, on peut aussi s'amuser à compter avant de jouer la première note, ou au cours d'un point d'orgue, un long silence, après le dernier accord, pour travailler la résonance, ce mystère qui suit la musique. Préparer un concert, c'est autant envisager le silence que le son. On néglige trop souvent les respirations. Les jeunes musiciens se déstabilisent face à leur propre silence, celui de l'auditoire, de l'écoute. Le regard muet les interroge. Encore une chose que le soliste doit réfléchir tout au long de sa vie, et travailler dans l'anticipation"

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Règne animal

par Virginie

publié dans Littérature française

Mon avis : 5.gif

Excellent découverte et 5 étoiles amplement mérités !

Voilà un roman vers lequel je ne me serais pas forcément tournée si on ne me l'avais pas vivement conseillé à plusieurs reprises car le thème n'est pas franchement alléchant. 

Et pourtant ! Une écriture sublime assortie d'un vocabulaire foisonnant. Un roman majoritairement descriptif sans qu'on ne s'y ennuie une seule seconde. 

Ce roman magistral démarre à l'aube de la guerre 14-18 dans une ferme familiale située dans le Gers. On y découvre le père, homme taiseux et proche de la mort. Il laissera derrière lui sa femme acariâtre et sa fille, Eléonore. La vie est rude, nauséabonde, pénible. 

Dans la seconde partie du roman, on retrouve Eléonore, dans les années 80, devenue arrière grand-mère. La petite ferme s'est transformée en exploitation porcine industrielle mais la famille continue de vivre aussi durement, désormais pour d'autres raisons. La porcherie devient le symbole terrible, la métaphore de la barbarie humaine et de cette violence qui se perpétue de génération en génération, sans remise en cause. Les animaux deviennent humains quand les hommes adoptent des comportements bestiaux. Les deux règnes ne font plus qu'un

C'est cru, violent, dérangeant, viscérale, organique, et c'est à lire ! Un grand grand écrivain très abordable pour un roman qui ne peut laisser indifférent

 

T’as remarqué que leur pupille reflète toujours notre visage ? dit Henry. Si tu fais bien attention. C’est un détail, mais parfois, je vois plus que ça. Ca me saute à la gueule. C’est comme regarder dans un miroir sans tain ou au fond d’un puits. Tu te vois, mais tu vois autre chose, autre chose qui s’agite en dessous, comme...Comme si tu voyais aussi de la manière dont eux te voient, avec leurs yeux de bête. (...)
L’œil était dans la tombe et regardait Caïn .

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D'autres vies que la mienne

par Virginie

publié dans Littérature française

Mon avis : 4-5.gif

Il y a des auteurs, allez savoir pourquoi, que nous n'avions jamais convié dans notre bibliothèque. Et puis un jour, à force d'en entendre parler autour de soi, on finit par se lancer.

Emmanuel Carrère en fait partie, et c'est une excellent découverte !

Déjà, ce titre ! J'avais souvent lu/entendu qu'Emmanuel Carrère était un auteur très narcissique (ce qui m'avait jusqu'alors freiné) Là, il annonce la couleur et je ne sais pas, peut-être une découverte pour lui que non, il n'est pas le centre du monde.

Il va en effet prêter sa plume à différents individus qu'il va croiser afin de se faire l'humble transcripteur de leur histoire.

Il y a d'abord cet évènement terrible qu'est le tsunami au Sri Lanka avec la disparition d'une petite fille de 4 ans. Il était lui-même en vacances et assiste, impuissant, au désastre et au cauchemar des parents. Quelques mois plus tard, de retour en France, c'est un autre drame auquel il va assister. La récidive du cancer de sa belle-soeur, âgée de 30 ans.

Pour des parents, comment survivre à la mort d'un enfant, et pour des enfants, comment survivre à la mort d'une mère. Tout cela est triste, très triste (les larmes ont coulé...) mais que c'est bien écrit !

 

 

« À quelques mois d’intervalle, la vie m’a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d’un enfant pour ses parents, celle d’une jeune femme pour ses enfants et son mari. Quelqu’un m’a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n’écris-tu pas notre histoire ? C’était une commande, je l’ai acceptée. C’est ainsi que je me suis retrouvé à raconter l’amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d’un cancer, tous deux boiteux et tous deux juges, qui s’occupaient d’affaires de surendettement au tribunal d’instance de Vienne (Isère). Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d’extrême pauvreté, de justice et surtout d’amour. Tout y est vrai. »

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Le cas Malaussène

par Virginie

publié dans Littérature française

Mon avis : ?!?

Bon, autant le dire tout de suite, j’ai détesté ce livre ! Je n’ai d’ailleurs pas réussi à aller au-delà de la moitié tant le style et l’histoire m’ont laissé perplexe. Je sais que Daniel Pennac est un auteur très largement mis en avant pour cette rentrée littéraire et qu’il est dans les finalistes du prix RTL-Lire, mais bon Dieu, pourquoi ?!? Un maison d'édition influente, peut-être...

Je n’ai pas lu les précédents romans de Daniel Pennac (La fée carabine, La Petite Marchande de Prose, Au bonheur des ogres…) donc forcément, ça n’aide pas. En effet, le roman commence par des références à tous les personnages qui ont gravité dans ces précédents ouvrages avec des allers-retours incessant vers un glossaire reprenant le qui est qui. Comme entrée en matière, on aura connu mieux ! Mais je me suis accrochée en attendant des pages meilleures.

Mais là pas moyen. L’univers et la verve de Daniel Pennac me dépassent totalement. C’est loufoque, fouillis, confus.

J’ai lu pas mal de critiques qui encensaient ce roman, le montrant comme le grand favori de cette sélection. Pour moi, c’est bien le bon dernier, de loin, parmi les 5 finalistes ! 

-Et comment elle t'a fait ça ?
- Les deux pieds dans la gueule, expliqua Manon. Deux fois en trois secondes.
- Karaté, conclut Titus. Nidan geri, si je me souviens bien. Niron geri, peut-être. Une caresse du genre.
- Ses godasses, c'est des fers à repasser ?
- Gnluibedraizarazeazetvigledegiene.
- D'accord, tu lui peteras sa race à cette fille de chienne.
Manin haussa les sourcils :
- Putain, vous apprenez vite, capitaine!

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Sous le compost

par Virginie

publié dans Littérature française

Mon avis :  undefined

Sous le compost, c’est l’histoire d’un trentenaire, Franck, marié, 3 filles.

Ecrivain raté, un peu fainéant sur les bords, écologiste convaincu. Chez lui, c’est sa femme, Gisèle, qui travaille. Elle est vétérinaire de campagne, avec des horaires de dingue.

Mais Franck se complait dans cette situation pépère, tout comme sa femme. Un jour, ce charme tranquille de la vie conjugale de campagne se rompt avec l’arrivée d’une lettre anonyme révélant l’infidélité de sa femme. La réaction de Franck est juste incroyable : pas d’énervement, pas de coup de sang. Non, juste une sorte de résignation et une conviction : hors de question de renoncer à ce bel équilibre, quelque soit la faute de sa femme.

Dans les jours qui suivent, l’épouse de l’associé de Gisèle à la clinique vétérinaire contacte Franck et lui déclare tout de go que c’est certain, sa femme a une aventure avec son mari. Les horaires à rallonge ne sont qu’un prétexte, il faut se rendre à l’évidence. Et voilà un été qui s’annonce pour le moins mouvementé ! La prise de distance de Franck par rapport à la dissolution de son couple est parfaitement retranscrite par l’auteur et le ton adopté fait du personnage de Franck un être aussi drôle qu’agaçant.

Mon impression : c’est divertissant, on accroche bien dès les premières lignes. J’ai cependant eu l’impression que l’auteur se cherchait un peu. Je n’ai pas compris le revirement que prend le roman dans le dernier tiers du livre. On bascule dans le « polar » mais était-ce bien nécessaire ? Tout comme je m’interroge sur la pléthore de scènes de sexe au début du roman.

Un premier roman pour l’auteur qui laisse entrevoir de belles perspectives mais qui pour moi n’est pas suffisamment cohérent malgré de très bonnes idées et une atmosphère très bien rendue.

Tant que le pire ne s'était pas produit, le meilleur pouvait encore arriver.

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Tout ce dont on rêvait

par Virginie

publié dans Littérature française

Mon avis :  4-5.gif

Tout commence dans les années 90 quand Justine, 25 ans, s’éprend d’Alex, un jeune homme fêtard et collectionneur de jupons.

Pourtant, on la retrouve quelques pages et années plus loin mariée à son frère Nicolas. Beaucoup plus rationnel qu’Alex et les pieds sur terre. Justine va s’accommoder de ce bonheur sans extase pendant plus de 20 ans, avec toujours l’ombre d’Alex et de cette passion avortée. Mère de deux enfants/ado, elle exerce le difficile métier d’infirmière en psychiatrie. Pas évident lorsqu’on a soi-même un grand nombre de failles, en partie liées à sa propre enfance.

Tout va basculer le jour où son mari, Directeur financier, perd son travail à un âge où le marché vous considère presque comme « périmé » alors que l’envie et l’enthousiasme son encore bien présents.

Perdre son statut social, c’est perdre son identité et ses repères. L’heure des remises en question a sonné au moment où on ne s’y attendait pas.

Qu’a-t-on fait de nos 20 ans, de nos rêves et de nos espoirs a-t-on envie de dire ?

Roman trans générationnel, terriblement actuel, qui à mon sens dépeint à merveille la société dans laquelle nous vivons.

Mon coup de cœur de cette sélection RTL-Lire 2017 !

On passe à côté de 95% de son existence, il faut juste arriver à profiter des 5% restants.

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Article 353 du code pénal

par Virginie

publié dans Littérature française

Mon avis : 

Sous un titre nébuleux et peu sexy se cache en fait un roman plutôt captivant aux allures de polar.

Tout commence dans le bureau du juge. Antoine Kermeur a été arrêté par la police, accusé du meurtre du promoteur immobilier Antoine Lazenec. Comment en est-il arrivé là ? C’est ce que va tenter de comprendre le juge, qui l’invite à retracer son parcours.

Au travers de cette longue confession, le lecteur découvre petit à petit l’enchaînement des faits sur base d’une vaste arnaque immobilière.

Antoine Lazenec, à ce moment-là fragilisé par un divorce, voulait finalement le meilleur pour l’avenir de son fils. Mais l’homme, après avoir perdu son travail et sa femme, et quelque part son fils, voit se profiler la perte de sa prime de licenciement.

La honte s’abat sur lui et l’engrenage vers la perte de dignité. On écoute, comme le juge, comment une banale histoire se métamorphose en drame.

Le texte est fort, captivant, parfaitement au service de ce huis-clos. Un conseil : surtout ne pas chercher à savoir en quoi consiste ce fameux article 353 car il représente la clé du dénouement final…

Finaliste prix RTL-Lire 2017

 

Peut-être même que l'enfance , ça n'existe pas. Peut-être qu'à n'importe quel âge, on encaisse le monde comme il va et puis c'est tout. Et seulement certaines heures en s'écoulant font comme des marques noires qui vous construisent.

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