Articles avec litterature francaise

Les gratitudes

publié dans Littérature française

Mon avis : 

 

Avec Delphine de Vigan, c'est un peu l'arlésienne : parfois ce sont de véritables coups de cœur, comme "Les loyautés", parfois c'est très mitigé. La lecture de son dernier roman me classe plutôt dans la seconde catégorie...

Michka vit seule chez elle. Elle est âgée, n'a plus beaucoup d'occupations ni beaucoup de visites. Mais surtout, elle se rend compte petit à petit qu'elle peine à trouver ses mots, elle qui fût pendant de nombreuses années correctrice dans un journal. Les pas se font moins assurés et l'autonomie remise en question.

Alors, plus le choix, il faudra se résoudre à partir en maison de retraite. Les journées deviennent rythmées par les séances d’orthophonie pour tenter de limiter les dégâts de l'avancée inéluctable de l’aphasie et les visites de Marie, son ancienne petite voisine.

C'est plein de bon sentiments (à la limite de la guimauve )et de bien-pensance à la pelle qui n'en font pas pour autant un livre émouvant. Au mieux, ce n'est pas désagréable à lire, bien que l'abondance des mots écorchés par Michka pour matérialiser sa perte de mémoire peuvent finir par lasser...

 

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La vraie vie

publié dans Littérature française

Mon avis :  4-5.gif

S'il y a un roman de la rentrée littéraire dont on entend beaucoup parler, c'est bien celui-ci...

5 jours après l'avoir refermé, je suis encore saisie par cette lecture pour le moins déroutante. Déroutante, car pendant un bon tiers du livre, je me suis dit que ce n'était pas si extraordinaire qu'on voulait bien le dire, aussi bien par le style littéraire, somme toute assez banal (en apparence) que par son histoire. Et puis, au fil des pages on se dit que si, il y a un truc qui accroche, sans trop savoir ni comprendre où l'auteur veut nous mener.

Au début du roman, la narratrice est une fillette de 10 ans qui vit avec son petit frère de 6 ans dans un pavillon année 70 comme il en existe plein d'autres. Autour d'eux, le père, fan de chasse au gros gibier, de whisky et de télé et la mère, sorte d’ectoplasme insignifiant.

Un jour, un événement va venir bouleverser la vie de la fillette et de son frère (mais je vous laisse découvrir car franchement, ça vaut le détour). Le petit garçon en sortira profondément choqué et sa sœur décidera de tout faire pour essayer de remonter le temps façon retour vers le futur avec la naïveté de ses 10 ans.  

Cette petite fille que nous suivons pendant 5 années, tentera de rendre la vie de cette famille plus légère mais la monstruosité rode sans cesse autour d'elle.Le lecteur s'enfonce alors petit à petit dans cet espèce de conte mêlant la peur et l'espoir en se prenant des gifles là où il ne l'attend pas, le tout agrémenté d'un humour typiquement belge. 

Très court texte (mais quand même pas aussi court que sa compatriote Amélie Nothomb) en forme d'uppercut.

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Trois saisons d'orage

publié dans Littérature française

Mon avis :  5.gif

 

Nous sommes en France, au milieu du 20ème siècle, dans un endroit jamais nommé, si ce n'est que le paysage qui sert de décors comprend trois falaises, surnommées "les Trois gueules". Ici, la nature est reine et les hommes savent qu'ils doivent toujours se méfier de ce qu'elle leur réserve.

Parmi ces habitants, il y a André, le médecin, qui a choisi de s'installer là, pour fuir la ville, entre autres et qui soignera les "fourmis blanches" qui exploitent les carrières. Son fils prendra petit à petit sa succession. Et puis il y a l'autre famille, celle de paysans, mais dont les enfants vont se lier d'amitié. Nous suivrons ainsi 3 générations et 2 familles. 

Si je ne devais retenir qu'une chose de ce roman, ça serait avant tout l'écriture magistrale de Cécile Coulon ! Subtile, juste et intense. Et je trouve que c'est plutôt rare dans la littérature actuelle de tomber sur ce genre de roman...

On ressent comme une sorte d'envoûtement pages après pages. Le lecteur perçoit qu'il va se passer quelques choses, sans pour autant se douter de où le drame va arriver.

 

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Son frère

publié dans Littérature française

Mon avis :  4-5.gif

 

Philippe Besson, c'est devenu depuis quelques temps mon addiction littéraire. Une écriture simple et accessible pour traiter de sujets profonds, toujours avec le ton juste. Un vrai grand talent !

"Son frère", c'est le récit d'une terrible lutte contre la mort, celle du jeune Thomas.

Atteint d'une maladie incurable, il se sait condamné à une mort très proche. Les quelques mois qu'il lui reste à vivre, Thomas décide de les passer aux côtés de son frère, Lucas, dans leur maison familiale de l'île de Ré. L'amour fraternel s'y révèle dans toute sa complexité et dans toute sa puissance.

L'auteur ne nous épargne rien des souffrances de Thomas. Mais là où nous aurions pu tomber dans un récit glauque, Philippe Besson manie la plume à la perfection, tel un funambule, pour toujours rester à la lisière du voyeurisme.

Philippe Besson sait évidemment très bien parler de l'amour une fois encore, mais il parle tout aussi bien de la mort, surtout lorsque celle-ci frappe si injustement.

 

Thomas meurt. Thomas accepte de mourir. C'est ici dans la maison de Saint-Clément, la maison de l'enfance, qu'il choisit d'attendre de mourir. Je suis près de lui. C'est encore l'été. J'ignorais qu'on pouvait mourir en été.
Je croyais que la mort survenait toujours en hiver, qu'il lui fallait le froid, la grisaille, une sorte de désolation, que c'est seulement ainsi qu'elle pouvait se sentir sur son terrain. Je découvre qu'elle peut tout aussi bien exercer sa besogne en plein soleil, en pleine lumière. Je songe que Thomas l'accueillera en pleine lumière.

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Little Brother

par Virginie

publié dans Littérature française

Mon avis : 3-5-copie-1.gif

Pour changer des lectures romanesques classiques, voici un petit ouvrage du célèbre philosophe Raphaël Enthoven.

Adepte de ses chroniques télé ou radio, je me suis laissée tenter par son dernier ouvrage, "Little Brother".

Au travers d'une trentaine de très courts chapitres, l'auteur aborde des sujets du quotidien contemporains et les élève sous l'angle de la réflexion philosophique. 

Entre autres réflexions, nous avons droit aux fameux selfies (et sa truculente comparaison aux nains de jardins. A lire !), la "prière du soir" autour du 20h télévisuel à l'heure où l'information est finalement désormais disponible à tout moment ou encore la notion de voisins vigilants et le vivre ensemble. Le "Big Brother" est révolu, nous sommes désormais à l'ère du "Little Brother" où tout le monde surveille tout le monde, sous prétexte que nous vivrons mieux ensemble ainsi. Une intéressante réflexion également sur le célèbre "hashtag" qui a envahi notre quotidien.

Une lecture très intéressante, hyper accessible et qui amène forcément à la réflexion.

Le seul bémol, et qu'on ne découvre qu'à la fin, c'est que cet ouvrage n'est finalement que la compilation d'articles parus dans "Philosophie Magazine"...

Mais pour reprendre une citation de George Orwell dans 1984, "dans des temps de tromperie généralisée, le seul fait de dire la vérité est un acte révolutionnaire". Alors, on lui pardonne ?

Sitôt qu'un syntagme porte avec lui l'espoir d'être repris, il se voit flanqué, comme d'un sac à dos, du petit #croisillon démultiplicateur qui permet d'identifier et d'agglomérer des contenus identiques...Il en résulte des phrases illisibles dont un #mot sur #deux a #quatre #barres plantées dans le #dos

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Le Bureau des Jardins et des Etangs

par Virginie

publié dans Littérature française

Mon avis :  3-5-copie-1.gif

Nous sommes au 12ème siècle, au Japon. Katsuro est un pêcheur de carpes reconnu de tous et à ce titre, il est un fournisseur prisé des étangs sacrés de la cité impériale. Il entreprend régulièrement le périlleux voyage vers Héjankyo pour livrer les précieux poissons. Mais lors de sa dernière pêche, Katsuro meurt, noyé.

C'est alors Miyuki, sa jeune épouse, qui va effectuer cette livraison, afin de sauvez l'honneur et la réputation de son village. Elle s'engage dans ce périple, cheminant courageusement vers la cité impériale. Un chemin semé d'embûches, de mauvaises rencontres et de difficultés diverses et variées.

Pour l'aider dans son avancée, l'ombre de son mari et les heureux souvenirs.

Ce roman est extrêmement dépaysant, pour nous occidentaux, malgré je trouve quelques longueurs. 

 

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Petit pays

publié dans Littérature française

Mon avis : undefined

Le petit pays dont parle Gaël Faye, c'est le Burundi. L'histoire qui nous est contée, c'est celle de la bascule d'une vie tranquille, faite de rire et d'insouciance vers la guerre civile et le chaos.

En 1993, le coup d'Etat et l'assassinat du président marquent le début de cette période.

Au travers des yeux d'un enfant de 10 ans, l'auteur nous relate les faits. Les Hutu, les Tutsis, le génocide Rwandais...

Tout cela pourrait fournir les éléments d'un formidable roman, mais pour ma part, je n'ai pas vraiment accroché. Le style, l'écriture, le point de vue de l'enfant...Rien, nada, pas d'émotion et plus que tout, je me suis ennuyée ferme pendant une bonne partie du roman, ce qui est un comble étant donné le faible nombre de pages...

Le roman a tout de même eu le mérite de me faire lire quelques documents annexes sur l'histoire de ce "petit pays" car même si nous avons  en mémoire les titres des informations de l'époque sur le sujet, il est clair que tout cela peut paraître bien lointain..

Généralement, je ne suis pas déçue par le prix Goncourt des lycéens. Cette fois-ci aura donc été une exception !

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Montrez-moi vos mains

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Mon avis :  5.gif

Quand un artiste que j'apprécie particulièrement prend la plume pour la première fois, évidemment, je ne peux pas résister ! Et j'ai bien fait.

On ne choisit pas ce genre d'essai pour ses qualités littéraires (quoique pour le coup, c'est plutôt pas mal réussi) mais essentiellement pour ce que cela va raconter.

En mode groupie initialement, j'ai été très touchée par ce qu'Alexandre Tharaud nous livre.

La vie d'un artiste, d'un soliste de haut niveau, qui vit et vibre au travers de la musique. Il ne semble pas courir après la reconnaissance, fuyant les cocktails mondains. Sa vie, c'est la scène, le public et tout son univers.

J'ai ri lorsqu'il décrit les différents tourneurs de pages qui l'accompagnent lors de ses représentations; j'ai encore ri lorsqu'il disserte sur les différentes façons des spectateurs de tousser en plein concert ou alors de déballer son papier de bonbon. Sans parler de sa façon de découper, scotcher ses partitions (un pianiste qui déroge au sacro-saint par coeur !!)

Sa vie, ce sont les avions, les hôtels, la découverte d'une nouvelle scène, d'un nouveau piano. Et ses amis, qui lui tournent le dos car il ne peut que rarement répondre présent aux invitations à dîner, comme si manger avec quelqu'un était la condition d'une réelle amitié. Ce pianiste est vraiment touchant.

Lorsqu'on pratique soi-même le piano (à un tout petit niveau...), c'est encore plus délectable à lire. Je ne suis donc pas la seule à être en difficulté pour "jouer" les fameux silences !!

J'espère un jour avoir la chance de le voir en concert pour écouter ses interprétations de Rachmaninov...

 

"Au piano, on peut aussi s'amuser à compter avant de jouer la première note, ou au cours d'un point d'orgue, un long silence, après le dernier accord, pour travailler la résonance, ce mystère qui suit la musique. Préparer un concert, c'est autant envisager le silence que le son. On néglige trop souvent les respirations. Les jeunes musiciens se déstabilisent face à leur propre silence, celui de l'auditoire, de l'écoute. Le regard muet les interroge. Encore une chose que le soliste doit réfléchir tout au long de sa vie, et travailler dans l'anticipation"

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Règne animal

par Virginie

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Mon avis : 5.gif

Excellent découverte et 5 étoiles amplement mérités !

Voilà un roman vers lequel je ne me serais pas forcément tournée si on ne me l'avais pas vivement conseillé à plusieurs reprises car le thème n'est pas franchement alléchant. 

Et pourtant ! Une écriture sublime assortie d'un vocabulaire foisonnant. Un roman majoritairement descriptif sans qu'on ne s'y ennuie une seule seconde. 

Ce roman magistral démarre à l'aube de la guerre 14-18 dans une ferme familiale située dans le Gers. On y découvre le père, homme taiseux et proche de la mort. Il laissera derrière lui sa femme acariâtre et sa fille, Eléonore. La vie est rude, nauséabonde, pénible. 

Dans la seconde partie du roman, on retrouve Eléonore, dans les années 80, devenue arrière grand-mère. La petite ferme s'est transformée en exploitation porcine industrielle mais la famille continue de vivre aussi durement, désormais pour d'autres raisons. La porcherie devient le symbole terrible, la métaphore de la barbarie humaine et de cette violence qui se perpétue de génération en génération, sans remise en cause. Les animaux deviennent humains quand les hommes adoptent des comportements bestiaux. Les deux règnes ne font plus qu'un

C'est cru, violent, dérangeant, viscérale, organique, et c'est à lire ! Un grand grand écrivain très abordable pour un roman qui ne peut laisser indifférent

 

T’as remarqué que leur pupille reflète toujours notre visage ? dit Henry. Si tu fais bien attention. C’est un détail, mais parfois, je vois plus que ça. Ca me saute à la gueule. C’est comme regarder dans un miroir sans tain ou au fond d’un puits. Tu te vois, mais tu vois autre chose, autre chose qui s’agite en dessous, comme...Comme si tu voyais aussi de la manière dont eux te voient, avec leurs yeux de bête. (...)
L’œil était dans la tombe et regardait Caïn .

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D'autres vies que la mienne

par Virginie

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Mon avis : 4-5.gif

Il y a des auteurs, allez savoir pourquoi, que nous n'avions jamais convié dans notre bibliothèque. Et puis un jour, à force d'en entendre parler autour de soi, on finit par se lancer.

Emmanuel Carrère en fait partie, et c'est une excellent découverte !

Déjà, ce titre ! J'avais souvent lu/entendu qu'Emmanuel Carrère était un auteur très narcissique (ce qui m'avait jusqu'alors freiné) Là, il annonce la couleur et je ne sais pas, peut-être une découverte pour lui que non, il n'est pas le centre du monde.

Il va en effet prêter sa plume à différents individus qu'il va croiser afin de se faire l'humble transcripteur de leur histoire.

Il y a d'abord cet évènement terrible qu'est le tsunami au Sri Lanka avec la disparition d'une petite fille de 4 ans. Il était lui-même en vacances et assiste, impuissant, au désastre et au cauchemar des parents. Quelques mois plus tard, de retour en France, c'est un autre drame auquel il va assister. La récidive du cancer de sa belle-soeur, âgée de 30 ans.

Pour des parents, comment survivre à la mort d'un enfant, et pour des enfants, comment survivre à la mort d'une mère. Tout cela est triste, très triste (les larmes ont coulé...) mais que c'est bien écrit !

 

 

« À quelques mois d’intervalle, la vie m’a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d’un enfant pour ses parents, celle d’une jeune femme pour ses enfants et son mari. Quelqu’un m’a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n’écris-tu pas notre histoire ? C’était une commande, je l’ai acceptée. C’est ainsi que je me suis retrouvé à raconter l’amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d’un cancer, tous deux boiteux et tous deux juges, qui s’occupaient d’affaires de surendettement au tribunal d’instance de Vienne (Isère). Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d’extrême pauvreté, de justice et surtout d’amour. Tout y est vrai. »

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