Un homme amoureux

publié dans Littérature étrangère

Mon avis :

 

Quel est donc ce roman lu par près de 10% de la population norvégienne ?!? Un "monstre littéraire" selon les propres termes de l'auteur. "Un homme amoureux" est le second tome d'une série autobiographique intitulée "Mon combat" mais chaque roman peut se lire indépendamment.

Après avoir publié "La mort d'un père" centré sur l'adolescence de l'auteur et les rapports avec son père, Knausgaard enchaîne son cycle de la vie autour de son expérience de jeune adulte, la passion amoureuse, l'arrivée des enfants et ses aléas puis la séparation. En filigrane, l'angoisse face aux difficultés de la création littéraire.

Ce roman, ce n'est clairement pas un livre de grande action ni un style narratif éblouissant. L'auteur est capable d'étirer sur des pages et des pages des anecdotes du quotidien. Il disserte à n'en plus finir sur des changements de couche et sur les courses au supermarché. Mais c'est justement là la force à mon sens de ce roman : une description de l'intime extrêmement lucide et qui interpelle tellement certains mots sonnent juste. L'attraction que provoque ce livre est assez inexplicable. C'est étrange et puissant tout autant que c'est ennuyeux et détestable...

Tous les lecteurs n'accrocheront pas, c'est certain. Mais ça vaut le coup d'essayer !

Un homme amoureux

Faire vivre trois jeunes enfants et deux adultes dans quelques mètres carrés, entourés de tous les côtés par les gens et sans autre occupation que de désherber et de tondre la pelouse, n'est pas forcément une bonne idée

Qu'est-ce que l'argent sinon une unité qui met à égalité les choses les plus diverses pour les rendre convertibles ? (...)
Dans notre siècle, même nos rêves sont identiques, même nos rêves sont convertibles.
Equivalence n'est qu'un autre mot pour indifférence. Et c'est cela notre obscurantisme.

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Juste une ombre

publié dans Littérature française

Mon avis : 4-5.gif

 

Une histoire simple, une écriture simple, mais un thriller terriblement efficace qu'il est difficile de lâcher.

Cloé est une jeune femme très ambitieuse. Sa vie professionnelle n'est qu'un enchaînement de réussites et elle est à deux doigts de la gloire finale : décrocher le poste de présidente dans son agence de publicité.  

Mais un soir, au détour d'une rue, Cloé se sent suivie. Une ombre s'approche, indéterminée. Juste une ombre, et le début d'un cauchemar pour la jeune femme. 

Des objets commencent à bouger chez elle, ce sentiment permanent qu'il y a quelqu'un. Mais lorsqu'elle en fait part à son entourage, personne ne la croit. Fatigue, alcool, drogue, délire paranoïaque? Toutes les hypothèses vont bon train.

Elle qui était si forte, si sûre d'elle, commence à perdre pied petit à petit.

En parallèle, nous découvrons le personnage d'un flic border-line, Gomez. Le lecteur ne voit pas tout de suite le lien entre ces deux personnes, mais les pièces du puzzle se mettent en place au fur et à mesure.

Karine Giebel ne laisse aucun répit à son lecteur, et ce jusqu'à la dernière ligne, avec une fin que j'ai trouvé particulièrement réussie !

 

 

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Les quatre saisons de l'été

publié dans Littérature française

Mon avis : 

 

Quatres saisons de la vie, quatre couples d'âge différent, quatre histoires d'amour. Un seul lieu commun : la plage du Touquet, une seule date, le 14 juillet 1999.

Grégoire Delacourt parle ici avec beaucoup de délicatesse et de tendresse de ces sentiments amoureux qui relient les hommes et les femmes, ces destins qui se nouent et se dénouent.

C'est une histoire très simple mais pas simpliste comme j'ai pu le lire parfois.Le roman et les personnages auraient mérité un peu plus d'étoffe, peut-être. Il en ressort néanmoins une jolie impression de lecture.

Le décors du Nord (les Flandres et la côte) n'est pas sans ajouter au charme de ce roman (le Nord décrit sous le soleil en plus...)

 

 

 

On ne doit pas redonner vie à nos amours d'enfance. On doit les laisser là où elles sont: dans l'obscurité confortable des souvenirs. Là où les promesses ébauchées, les caresses imaginées, oubliées, la nostalgie des peaux, des odeurs, là où les rêves enfouis se bonifient et écrivent la plus belle histoire.

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Amours

publié dans Littérature française

Mon avis : 

 

Nous sommes en 1908, dans une maison bourgeoise du centre de la France. Victoire est mariée depuis 5 ans à Anselme, l'archétype du notable provincial. Un mariage de convenance et arrangé, comme cela se faisait beaucoup à l'époque. L'amour qu'on lui a promis ne vient pas, tout comme l'enfant tant attendu...

Mais un jour, la petite bonne de la maison, Céleste, tombe enceinte. Impossible pour elle de garder cet enfant car cela signifierait perdre son travail. Cependant, Victoire et Anselme vont décider d'un tout autre avenir pour cet enfant : il sera le leur, l'héritier tant attendu.

Dans ce huis-clos d'un autre temps aux allures de "Madame Bovary", l'arrivée de cet enfant va chambouler toutes les convenances et le destin de ces deux femmes. 

Un bien beau roman à l'atmosphère intimiste servi par une écriture précise et délicate

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En attendant Bojangles

publié dans Littérature française

Mon avis : 4-5.gif

 

A 35 ans, on peut dire qu'Olivier Bourdeaut, qui a longtemps hésité à se lancer dans l'écriture, fait une entrée magistrale dans la littérature de ce début d'année !

Un succès de librairie amplement mérité pour ce livre "fell good" intelligent et touchant.

Un petit air de Boris Vian et d'Alexandre Jardin dans ce roman doucement déjanté.

Sous le regard attendri et émerveillé de leur fils, un couple fantasque décide de faire de leur vie une fête permanente. Ils ne peuvent s'empêcher de danser encore et encore sur la musique si douce de Nina Simone, "Mister Bojangles".

On part à l'improviste à la recherche d'un château en Espagne, l'école du fils, jamais le matin car il faut profiter des fêtes jusqu'au bout de la nuit.

Le récit alterne entre la narration du fils avec sa touchante naïveté et ses fausses interprétations d'enfant qui nous font sourire et la narration du père, épris d'un amour fou pour cette femme hors du commun.

Mais une ombre pointe petit à petit son nez dans ce tableau idyllique : la maladie mentale dont commence à souffrir la mère. Face à ce "déménagement" dans la tête, la famille est prête à toute, y compris les pires folies...L'amour fou n'aura jamais aussi bien porté son nom !

 

Un homme chapeauté d'un suppositoire qui moule grossièrement ses bourses dans un collant fluorescent pour gravir une côte à bicyclette n'a certainement plus toute sa tête.

Cette folie, je l'avais accueillie à bras ouverts, puis je les avais refermés pour la serrer fort et m'en imprégner, mais je craignais qu'une telle folie douce ne soit pas éternelle. Pour elle, le réel n'existait pas. J'avais rencontré une Don Quichotte en jupe et en bottes, qui, chaque matin, les yeux à peine ouverts et encore gonflés, sautait sur son canasson, frénétiquement lui tapait les flancs, pour partir au galop à l'assaut de ses lointains moulins quotidiens.

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La fractale des raviolis

Mon avis : 3-5-copie-1.gif

 

Inventivité. Tel pourrait être le maître mot de ce roman.

Un mari volage dit un jour à sa femme "je suis désolé ma chérie, je l'ai sautée par inadvertance".

Ni une ni deux, sa femme décide alors de se venger et d'accomplir le crime parfait empochant au passage la prime d'assurance qui va bien avec.

Mais rien ne va se passer comme prévu quand au moment de passer à l'acte, le petit voisin débarque à l'improviste. Vite, il faut prendre une décision. Elle repense alors à une histoire vieille de 20 ans durant laquelle son père a fait preuve d'une grande réactivité dans une prise de décision.

Et nous voilà embarqués dans une seconde histoire toute aussi truculente. Cette seconde histoire nous emmène elle-même dans une troisième, et une quatrième et ainsi de suite.

Les histoires s'imbriquent les unes dans les autres comme des poupées gigognes, sorte de contes des Mille et une nuits des temps modernes.

C'est vraiment très amusant à lire et la fin n'est pas en reste !

 

Je suis désolé, ma chérie. Je l'ai sautée par inadvertance.
Je comprends qu'un homme puisse sauter une femme par dépit, par vengeance, par pitié, par compassion, par désœuvrement, par curiosité, par habitude, par excitation, par intérêt, par gourmandise, par nécessité, par charité, et même parfois par amour. Par inadvertance, ça non.

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Celle que vous croyez

Mon avis : 5.gif

 

Celle que vous croyez, c'est un roman vertigineux sous forme de labyrinthe, intelligent et extrêmement bien mené.

L'histoire, c'est celle d'une femme de 48 ans, professeur de littérature divorcée. Afin d'espionner son amant épisodique, Jo, elle se crée un faux profil Facebook afin d'entrer en relation avec un de ses meilleurs amis, Chris. Elle se met alors dans la peau d'une jeune femme de 24 ans à la photo avantageuse. Chris accepte immédiatement la demande, ils commence à échanger et de fil en aiguille, l'attirance se fait sentir.

Jeu dangereux dans lequel tout le monde se perdra à en devenir fou.

On le sait dès le début, Claire, la protagoniste, a pété les plombs. Mais ce roman, ce n'est pas que cette histoire d'amour virtuel, somme toute assez "banale". C'est également l'histoire d'une femme "périmée" car atteignant la cinquantaine (oh !!!), ses désirs moqués. C'est également un incroyable jeu de miroirs dans lequel le lecteur se demande au fil des pages qui est réellement cette femme? Qui dit la vérité? Au jeu de l'amour et du hasard, nul n'en ressort indemne.

Et enfin, c'est je trouve un véritable tour de force narratif, à la construction "circulaire", extrêmement bien écrit. L'auteur tisse sa toile avec une main de maître pour le plus grand plaisir du lecteur !

 

 

 

J'ai lu que sur les sites de rencontres, la frontière entre quarante-neuf et cinquante ans est pour les femmes le gouffre où elles s'abîment. A quarante-neuf ans, elles sont en moyenne quarante visites par semaine, à cinquante ans elles n'en ont plus que trois. Et pourtant, rien n'a changé, elles sont les mêmes, avec un an de pus.

L’amour c’est vivre dans l’imagination de quelqu’un. Une fiction, oui. Et alors ? Être aimée, c’est devenir une héroïne.L’amour c’est un roman que quelqu’un écrit sur vous. Et réciproquement. Il faut que ce soit réciproque sinon c’est l’enfer.

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Le début des haricots

publié dans Littérature française

Mon avis : 

 

Voilà une belle découverte à côté de laquelle je serais totalement passée si je n'avais pas été contactée directement par l'écrivain.

Ce roman est paru en autoédition au format ebook sur Amazon. Et dans ce cas, c'est bien évidemment l'auteur qui se charge de son auto-promo. 

Je reçois régulièrement des sollicitations de la part d'écrivains qui sont dans ce type de démarche, mais j'avoue que c'est bien la première fois que j'accepte...Un petit mail sympa, un livre qu'elle qualifie de "comédie romantique, roman léger et drôle". Piquée par la curiosité, envie de ressortir ma Kindle reçue à Noël, me voilà partie pour cette nouvelle lecture.

Anna est une jeune femme trentenaire médecin urgentiste dans un hôpital parisien. Elle est brillante et son avenir est tout tracé. Son père, grand ponte de la médecine dans ce même hôpital, la pousse en tout cas avec autorité dans ce sens.

Comme chaque année, Anna se rend à San Francisco pour un prestigieux congrès de médecine afin d'y présenter les derniers travaux de son père.

Mais après une nuit de garde qui vire au cauchemar, Anna ne sait plus sur quel pied danser. Arrivée à l'aéroport, elle décide de sécher ce congrès et se laisse attirer par un autre rassemblement aux allures de secte : un stage "thérapeutique" sur le thème du courage...

L'histoire, bien qu'un peu convenue dans son déroulement, n'en demeure pas moins hyper agréable à lire. J'ai vraiment passé un très bon moment de lecture en compagnie d'Anna et de son groupe de méditation-végétario-bobo !

Si vous avez une Kindle, un roman frais et moderne à télécharger sans réserve (2.99€) !

 

 

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Ecoute le chant du vent

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Mon avis : 3.gif

 

Après 37 ans, Haruki Murakami autorise enfin la publication de ses deux premiers romans/nouvelles, "Ecoute le chant du vent", prix Gunzo 1979 et "Flipper, 1973", tous deux totalement inédits en France. Quelques traductions "officieuses" circulaient jusqu'à présent.

Ces deux romans indépendants mais qui se font échos sont en fait les deux premier romans d'un "cycle" (La trilogie du rat) qui s'achève par "La course au mouton sauvage", qui a lui été traduit il y a de nombreuses années.

Murakami les appelle ses "romans de cuisine", parce qu'à l'époque, jeune patron d'un bar, il commence à écrire ses premières histoire...sur la table de la cuisine.

Dans "Ecoute le chant du vent", on découvre un jeune homme et son ami le Rat (que l'on retrouvera d'ailleurs dans d'autres romans plus tard). A deux, au comptoir d'un bar, ils reparlent de tout et de rien, reviennent sur leurs expériences amoureuses passées. Et puis il y a cette fille à 4 doigts qu'il rencontrera par hasard et qu'il recherchera ensuite.

Dans "Flipper, 1973", il est question comme son nom l'indique, de flipper, mais de flipper qui parle, quand tous les autres restent muets. Là aussi, des filles étranges, des jumelles, qui partagent sa vie et son lit...

Je dirais que ces deux romans sont bien en-deçà de ses romans plus récents. Néanmoins, on y retrouve l'ambiance et les thèmes qui lui sont chers, un peu comme une ébauche de ce que son oeuvre deviendra plus tard. On assiste à l'éclosion du grand auteur qu'il est devenu, mais je ne suis pas certaine que cela plaise à tous...

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Le livre des Baltimore

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Mon avis : 4-5.gif

 

J'avais adoré "La vérité sur l'affaire Harry Québert" sorti en 2012. J'ai également adoré ce dernier roman de l'écrivain suisse Joël Dicker.

On y retrouve Marcus, le personnage central de son précédent roman, quelques années plus tôt.

L'histoire, c'est celle d'un Drame familial, dont on nous parlera tout au long du roman sans pour autant savoir de quoi il s'agit. Il y a d'un côté les Goldman-de-Montclair, famille de classe moyenne dont est issu Marcus. De l'autre, les Goldman-de-Baltimore. La réussite à l'américaine, les grandes maisons, le luxe. Durant toute son enfance, Marcus vouera un véritable culte et une admiration sans borne à la vie de ses cousins.

8 ans après le Drame, Marcus décide de prendre la plume et de nous raconter l'histoire de sa famille.

Le roman est construit sous forme de flash-back habillement menés avec en toile de fond ce "Drame" dont on présent la gravité.

Difficile de lâcher ce roman captivant. Alors oui, comme j'ai pu le lire dans certains articles, Joël Dicker reprend un peu les ficelles de son précédent roman, oui, c'est parfois un peu poussif et caricatural, oui l'écriture est plutôt simple. Mais franchement, quel plaisir de lecture au final ! Les personnages sont attachant, le roman est très visuel et le dénouement de fait pas "flop".

 

 

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