L'homme qui s'envola

par Virginie

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Et si vous plaquiez tout du jour au lendemain pour recommencer votre vie ailleurs ? C'est ce qu'imagine Antoine Bello au travers de son personnage, Walker.

Walker a tout pour être heureux : une jolie famille, une entreprise florissante qu'il dirige d'une main de maître au Nouveau Mexique, beaucoup d'argent. Mais Walker en a marre. Marre de ne pas avoir une minute à lui, marre d'être toujours porté dans ce tourbillon. Etrange dilemme que de se dire que ceux qu'on aime le plus au monde sont pourtant la cause de cette lassitude et de cette perte de liberté.

Alors, il va tout plaquer. Mais pas n'importe comment : il va organiser sa propre mort. C'est ce qu'il a trouvé de mieux pour épargner les siens, une simple "fuite" ne serait de toute façon pas comprise.

Mais c'est sans compter sur le redoutable détective Nick Shepered qui est convaincu que Walker est toujours vivant. Pour Walker qui avait l'habitude de toujours tout planifier et organiser, rien ne va se passer comme prévu...

Un très bon page turner rythmé par des chapitres courts faisant entendre les voix des 3 personnages principaux. 

C'est très agréable à lire, sans une minute d'ennui, mais il a manqué pour moi ce "petit truc" pour le faire pencher dans la catégorie "coup de coeur". Je note cependant que le titre est particulièrement bien choisi !

 

 

L’argent, Walker s’en foutait. Il en avait plus qu’assez. La vraie richesse, le seul bien qui ne s’achetait pas, c’était le temps. Il savait où passait chaque seconde de ce précieux combustible et cherchait constamment des façons d’en tirer un meilleur rendement

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Arrête avec tes mensonges

par Virginie

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Lorsque 2 mois après une lecture, les mots et l'histoire vous hantent encore, c'est que forcément, ce roman vaut le détour !

Et c'est le cas pour ce roman extrêmement touchant de Philippe Besson. Un véritable coup de coeur.

Arrête avec tes mensonges, c'est avant tout un livre confession et très personnel puisque le héros est Philippe Besson lui-même. Pour ceux qui ont lu toute son oeuvre, il paraît que cela apporte un réel éclairage sur celle-ci. Pour ceux qui comme moi commencent (presque) la découverte cet auteur, c'est évidemment une invitation à découvrir tout le reste, pour peut-être relire celui-là ensuite.

L'histoire commence en 2007, à Bordeaux, dans un hall d'hôtel. Alors qu'il est interviewé par une journaliste à propos de son dernier roman, il voit passer un jeune homme qu'il croit reconnaître, même si c'est impossible que ce soit lui. Point de départ de l'histoire et flash back 20 ans en arrière. Philippe a alors 17 ans, il est dans un lycée de province. Elève brillant mais réservé. On dit de lui qu'il ira loin, mais on dit aussi de lui qu'il préfère les garçons...

Alors, lorsque dans la cour il remarque un jeune homme au regard sombre, Thomas, il ne veut pas qu'on remarque qu'il s'intéresse à lui. Dans cette France des années 80, dans cette petite ville de province. Impossible. Et pourtant...

L'histoire d'une passion dévorante qui prend aux tripes. A lire de toute urgence !

 

Quand j'étais enfant, ma mère ne cessait de me répéter : « Arrête avec tes mensonges. » J'inventais si bien les histoires, paraît-il, qu'elle ne savait plus démêler le vrai du faux. J'ai fini par en faire un métier, je suis devenu romancier.
Aujourd'hui, voilà que j'obéis enfin à ma mère : je dis la vérité. Pour la première fois. Dans ce livre.
Autant prévenir d'emblée : pas de règlement de comptes, pas de violence, pas de névrose familiale.
Mais un amour, quand même.
Un amour immense et tenu secret.
Qui a fini par me rattraper.

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Little Brother

par Virginie

publié dans Littérature française

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Pour changer des lectures romanesques classiques, voici un petit ouvrage du célèbre philosophe Raphaël Enthoven.

Adepte de ses chroniques télé ou radio, je me suis laissée tenter par son dernier ouvrage, "Little Brother".

Au travers d'une trentaine de très courts chapitres, l'auteur aborde des sujets du quotidien contemporains et les élève sous l'angle de la réflexion philosophique. 

Entre autres réflexions, nous avons droit aux fameux selfies (et sa truculente comparaison aux nains de jardins. A lire !), la "prière du soir" autour du 20h télévisuel à l'heure où l'information est finalement désormais disponible à tout moment ou encore la notion de voisins vigilants et le vivre ensemble. Le "Big Brother" est révolu, nous sommes désormais à l'ère du "Little Brother" où tout le monde surveille tout le monde, sous prétexte que nous vivrons mieux ensemble ainsi. Une intéressante réflexion également sur le célèbre "hashtag" qui a envahi notre quotidien.

Une lecture très intéressante, hyper accessible et qui amène forcément à la réflexion.

Le seul bémol, et qu'on ne découvre qu'à la fin, c'est que cet ouvrage n'est finalement que la compilation d'articles parus dans "Philosophie Magazine"...

Mais pour reprendre une citation de George Orwell dans 1984, "dans des temps de tromperie généralisée, le seul fait de dire la vérité est un acte révolutionnaire". Alors, on lui pardonne ?

Sitôt qu'un syntagme porte avec lui l'espoir d'être repris, il se voit flanqué, comme d'un sac à dos, du petit #croisillon démultiplicateur qui permet d'identifier et d'agglomérer des contenus identiques...Il en résulte des phrases illisibles dont un #mot sur #deux a #quatre #barres plantées dans le #dos

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Le Bureau des Jardins et des Etangs

par Virginie

publié dans Littérature française

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Nous sommes au 12ème siècle, au Japon. Katsuro est un pêcheur de carpes reconnu de tous et à ce titre, il est un fournisseur prisé des étangs sacrés de la cité impériale. Il entreprend régulièrement le périlleux voyage vers Héjankyo pour livrer les précieux poissons. Mais lors de sa dernière pêche, Katsuro meurt, noyé.

C'est alors Miyuki, sa jeune épouse, qui va effectuer cette livraison, afin de sauvez l'honneur et la réputation de son village. Elle s'engage dans ce périple, cheminant courageusement vers la cité impériale. Un chemin semé d'embûches, de mauvaises rencontres et de difficultés diverses et variées.

Pour l'aider dans son avancée, l'ombre de son mari et les heureux souvenirs.

Ce roman est extrêmement dépaysant, pour nous occidentaux, malgré je trouve quelques longueurs. 

 

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Un fils parfait

Mon avis : 5.gif

Maxime est le fils unique d'Elise. Et il a toutes les allures du fils parfait : brillantes études, excellente carrière, physique avenant, famille modèle...

Daphné, sa femme, va cependant découvrir une faille de taille dans ce tableau parfait : son mari se livrerait à des pratiques incestueuses sur leurs deux filles. L'horreur absolue.

Au travers d'une lettre écrite à sa belle-mère, elle relate les faits et l'enchaînement des circonstances. On découvre alors avec stupeur que là où elle pensait que les choses allaient être simples, rien ne se passe comme prévu ! La machine judiciaire va agir sur elle telle un rouleau compresseur. Le coupable se trouve traité en victime et tout se met en place pour se retourner contre elle, au détriment de ses filles...

Ce roman est inspiré d'une histoire vraie, et c'est ce qui porte le plus à réfléchir. Le thème n'est évidemment pas facile, mais le talent narratif de Mathieu Ménégaux est indéniable.

Un livre lu d'une traite, avec avidité, avec une fin particulièrement réussie. Je le conseille vivement !

 

 

 

 

 

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Petit pays

publié dans Littérature française

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Le petit pays dont parle Gaël Faye, c'est le Burundi. L'histoire qui nous est contée, c'est celle de la bascule d'une vie tranquille, faite de rire et d'insouciance vers la guerre civile et le chaos.

En 1993, le coup d'Etat et l'assassinat du président marquent le début de cette période.

Au travers des yeux d'un enfant de 10 ans, l'auteur nous relate les faits. Les Hutu, les Tutsis, le génocide Rwandais...

Tout cela pourrait fournir les éléments d'un formidable roman, mais pour ma part, je n'ai pas vraiment accroché. Le style, l'écriture, le point de vue de l'enfant...Rien, nada, pas d'émotion et plus que tout, je me suis ennuyée ferme pendant une bonne partie du roman, ce qui est un comble étant donné le faible nombre de pages...

Le roman a tout de même eu le mérite de me faire lire quelques documents annexes sur l'histoire de ce "petit pays" car même si nous avons  en mémoire les titres des informations de l'époque sur le sujet, il est clair que tout cela peut paraître bien lointain..

Généralement, je ne suis pas déçue par le prix Goncourt des lycéens. Cette fois-ci aura donc été une exception !

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Montrez-moi vos mains

publié dans Littérature française

Mon avis :  5.gif

Quand un artiste que j'apprécie particulièrement prend la plume pour la première fois, évidemment, je ne peux pas résister ! Et j'ai bien fait.

On ne choisit pas ce genre d'essai pour ses qualités littéraires (quoique pour le coup, c'est plutôt pas mal réussi) mais essentiellement pour ce que cela va raconter.

En mode groupie initialement, j'ai été très touchée par ce qu'Alexandre Tharaud nous livre.

La vie d'un artiste, d'un soliste de haut niveau, qui vit et vibre au travers de la musique. Il ne semble pas courir après la reconnaissance, fuyant les cocktails mondains. Sa vie, c'est la scène, le public et tout son univers.

J'ai ri lorsqu'il décrit les différents tourneurs de pages qui l'accompagnent lors de ses représentations; j'ai encore ri lorsqu'il disserte sur les différentes façons des spectateurs de tousser en plein concert ou alors de déballer son papier de bonbon. Sans parler de sa façon de découper, scotcher ses partitions (un pianiste qui déroge au sacro-saint par coeur !!)

Sa vie, ce sont les avions, les hôtels, la découverte d'une nouvelle scène, d'un nouveau piano. Et ses amis, qui lui tournent le dos car il ne peut que rarement répondre présent aux invitations à dîner, comme si manger avec quelqu'un était la condition d'une réelle amitié. Ce pianiste est vraiment touchant.

Lorsqu'on pratique soi-même le piano (à un tout petit niveau...), c'est encore plus délectable à lire. Je ne suis donc pas la seule à être en difficulté pour "jouer" les fameux silences !!

J'espère un jour avoir la chance de le voir en concert pour écouter ses interprétations de Rachmaninov...

 

"Au piano, on peut aussi s'amuser à compter avant de jouer la première note, ou au cours d'un point d'orgue, un long silence, après le dernier accord, pour travailler la résonance, ce mystère qui suit la musique. Préparer un concert, c'est autant envisager le silence que le son. On néglige trop souvent les respirations. Les jeunes musiciens se déstabilisent face à leur propre silence, celui de l'auditoire, de l'écoute. Le regard muet les interroge. Encore une chose que le soliste doit réfléchir tout au long de sa vie, et travailler dans l'anticipation"

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Règne animal

par Virginie

publié dans Littérature française

Mon avis : 5.gif

Excellent découverte et 5 étoiles amplement mérités !

Voilà un roman vers lequel je ne me serais pas forcément tournée si on ne me l'avais pas vivement conseillé à plusieurs reprises car le thème n'est pas franchement alléchant. 

Et pourtant ! Une écriture sublime assortie d'un vocabulaire foisonnant. Un roman majoritairement descriptif sans qu'on ne s'y ennuie une seule seconde. 

Ce roman magistral démarre à l'aube de la guerre 14-18 dans une ferme familiale située dans le Gers. On y découvre le père, homme taiseux et proche de la mort. Il laissera derrière lui sa femme acariâtre et sa fille, Eléonore. La vie est rude, nauséabonde, pénible. 

Dans la seconde partie du roman, on retrouve Eléonore, dans les années 80, devenue arrière grand-mère. La petite ferme s'est transformée en exploitation porcine industrielle mais la famille continue de vivre aussi durement, désormais pour d'autres raisons. La porcherie devient le symbole terrible, la métaphore de la barbarie humaine et de cette violence qui se perpétue de génération en génération, sans remise en cause. Les animaux deviennent humains quand les hommes adoptent des comportements bestiaux. Les deux règnes ne font plus qu'un

C'est cru, violent, dérangeant, viscérale, organique, et c'est à lire ! Un grand grand écrivain très abordable pour un roman qui ne peut laisser indifférent

 

T’as remarqué que leur pupille reflète toujours notre visage ? dit Henry. Si tu fais bien attention. C’est un détail, mais parfois, je vois plus que ça. Ca me saute à la gueule. C’est comme regarder dans un miroir sans tain ou au fond d’un puits. Tu te vois, mais tu vois autre chose, autre chose qui s’agite en dessous, comme...Comme si tu voyais aussi de la manière dont eux te voient, avec leurs yeux de bête. (...)
L’œil était dans la tombe et regardait Caïn .

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Puzzle

par rginie

publié dans Romans policiers

Mon avis : 

Aussitôt lu, aussitôt oublié...

Généralement, en ouvrant un roman de Franck Thilliez, on sait que ça ne va pas être de la grande littérature mais qu'au moins, on sera tenu en haleine jusqu'au bout.

Avez "Puzzle", j'ai envie de dire que c'est un peu raté. Dès le début, on comprend très vite quel sera le dénouement de l'histoire. Mais j'ai quand même continué, en me disant que cela serait probablement plus subtile que ce qu'on imagine...mais non !

Les ficelles de l'intrigue sont énormes, lu et relue, bien mieux ailleurs.

Illan et Chloé sont deux jeunes gens passionnés par les chasses aux trésor grandeur nature. La quête ultime : participer au jeu Paranoïa. Ils en connaissent l'existence et le nom. Reste à trouve la porte d'entrée pour y participer.

A force de résolution d'énigmes et de cogitation, ils y parviennent enfin et se retrouvent dans le jeu, dont le décors est un hôpital psychiatrique. La première règle du jeu arrive : "quoi qu'il arrive, rien de ce que vous allez vivre n'est réalité. Il s'agit d'un jeu". Un peu plus tard arrive la règle n°2 : "l'un d'entre vous va mourir".

Quitte à lire ce genre de roman et ce style d'univers, autant se tourner vers le très bon Shutter Island.

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D'autres vies que la mienne

par Virginie

publié dans Littérature française

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Il y a des auteurs, allez savoir pourquoi, que nous n'avions jamais convié dans notre bibliothèque. Et puis un jour, à force d'en entendre parler autour de soi, on finit par se lancer.

Emmanuel Carrère en fait partie, et c'est une excellent découverte !

Déjà, ce titre ! J'avais souvent lu/entendu qu'Emmanuel Carrère était un auteur très narcissique (ce qui m'avait jusqu'alors freiné) Là, il annonce la couleur et je ne sais pas, peut-être une découverte pour lui que non, il n'est pas le centre du monde.

Il va en effet prêter sa plume à différents individus qu'il va croiser afin de se faire l'humble transcripteur de leur histoire.

Il y a d'abord cet évènement terrible qu'est le tsunami au Sri Lanka avec la disparition d'une petite fille de 4 ans. Il était lui-même en vacances et assiste, impuissant, au désastre et au cauchemar des parents. Quelques mois plus tard, de retour en France, c'est un autre drame auquel il va assister. La récidive du cancer de sa belle-soeur, âgée de 30 ans.

Pour des parents, comment survivre à la mort d'un enfant, et pour des enfants, comment survivre à la mort d'une mère. Tout cela est triste, très triste (les larmes ont coulé...) mais que c'est bien écrit !

 

 

« À quelques mois d’intervalle, la vie m’a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d’un enfant pour ses parents, celle d’une jeune femme pour ses enfants et son mari. Quelqu’un m’a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n’écris-tu pas notre histoire ? C’était une commande, je l’ai acceptée. C’est ainsi que je me suis retrouvé à raconter l’amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d’un cancer, tous deux boiteux et tous deux juges, qui s’occupaient d’affaires de surendettement au tribunal d’instance de Vienne (Isère). Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d’extrême pauvreté, de justice et surtout d’amour. Tout y est vrai. »

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