Chanson douce

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Lorsque Myriam, jeune mère de famille décide de reprendre sa carrière d'avocate, son mari émet d'abord quelques réserves. Mais devant l'insistance de sa femme et son indéniable mal être, il finit par se laisser convaincre.

Le couple se met alors en quête de la nounou idéale qui prendra soin de leurs deux bambins, non sans mal. Ils finissent néanmoins par tomber sur celle qui semble rassembler tous le critères, Louise. Elle se révèle être en tous points la nounou parfaite, adorée des enfants et chérie par les parents. Trop parfaite?

Le lecteur sait pourtant dès le début que tout cela va se terminer par l'effroyable meurtre des deux enfants...

Chose incroyable, Leïla Slimani arrive à tenir son lecteur en haleine en reprenant le fil de l'histoire à rebours pour arriver à l'horreur finale. Les éléments se mettent en place petit à petit dans une atmosphère à la fois envoûtante et glaçante. 

Un prix Goncourt qui allie à la fois une superbe intrigue et un très beau style que je recommande vivement !

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Le dernier des nôtres

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Dans le Manatthan trépidant des années 70, Werner Zilch tombe fou amoureux de la jeune et riche Rebecca, une des célibataires les plus courues de la ville. Une passion qui va cependant se briser nette le soir où Werner sera présenté aux parents de la jeune fille.

La mère de la jeune fille s'effondre littéralement à la vue de celui-ci, sans explication. Pourquoi ce jeune homme, jusqu'alors inconnu de la famille, provoque-t-il une si vive émotion?

Commence alors une enquête sur fond de guerre et d'Allemagne nazi, pour tenter de comprendre ce que les deux jeunes gens ne pouvaient pas savoir : leurs destins sont étroitement liés par un passé lourd et douloureux.

J'avoue que la première partie de ce roman, très comédie romantique à l'eau de rose, m'a plutôt ennuyée. La seconde partie, sur les traces des origines et le rassemblement des pièces du puzzle a un peu relevé le tout et à partir de là je n'ai plus réussi à le lâcher. 

Au final, une lecture facile et pas désagréable plutôt bien écrite mais qui aurait pu se dispenser de certaines mièvreries je pense.

 

 

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Riquet à la houppe

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Et voilà, le dernier opus de la dame au chapeau est sorti, comme à chaque rentrée ! Et 1h30 plus tard, il est terminé...

Comme elle l'avait déjà fait en 2012 avec Barbe bleue, Amélie Nothomb revisite un célèbre conte de l'enfance, Riquet à la houppe.

L'histoire raconte en parallèle l'enfance et l'adolescence de Déodat, un garçon très laid mais extrêmement intelligent, et de Trémière, fillette très jolie mais à l'esprit limité. On se doute bien que ces deux-là vont finir par se croiser, reste à savoir comment...

La plume d'Amélie reste toujours aussi atypique et reconnaissable entre toutes (et oui, elle a encore réussi à caser le mot pneu et une scène de champagne). On retrouve des personnages hors normes (mais où va-t-elle chercher ces prénoms ?!) et un de ses thèmes de prédilection (beauté/laideur)

Si globalement le roman reste agréable et sympathique, j'avoue que ces longues descriptions sur les oiseaux (passion de Déodat) m'ont profondément ennuyées !! Dommage...

Quand les parents découvrirent le bébé, ils changèrent brutalement d'univers. On eût dit un nouveau-né vieillard : fripé de partout, les yeux à peine ouverts, la bouche rentrée – il était repoussant.
Pétrifiée, Énide eut du mal à retrouver assez de voix pour demander au médecin si son fils était normal.
– Il est en parfaite santé, madame.

– Pourquoi a-t‐il tant de rides ?

– Un peu de déshydratation. Ça va très vite s'arranger.

– Il est si petit, si maigre !

– Il ressemble à sa maman, madame.

– Enfin, docteur, il est horrible.

– Vous savez, personne n'ose le dire, mais les bébés sont presque toujours laids. Je vous assure que celui-ci me fait bonne impression.
Laissés seuls avec leur enfant, Honorat et Énide se résignèrent à l'aimer.
– Et si nous l'appelions plutôt Riquet à la Houppe ? suggéra-t‐elle.
– Non. Déodat, c'est très bien, dit le nouveau père en souriant courageusement.
Par bonheur, ils avaient peu de famille et peu d'amis. Ils eurent néanmoins à endurer des visites dont la politesse ne parvint pas à masquer la consternation.

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Un dangereux plaisir

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Elie Elian est un curieux petit garçon. Issu d'une famille socialement déclassé dans laquelle on mange mal, il développe au fil des années un comportement de rejet vis-à-vis de la nourriture. 

Mais un jour, il découvre, au détour d'une rue, l'arrière d'une cuisine de restaurant. C'est une révélation ! Les odeurs, le travail de la brigade et l'exigence du chef. Lui qui déteste manger se découvre une passion pour la gastronomie.

Il apprendra en regardant les autres faire jusqu'à atteindre lui-même l'excellence.

Le chemin sera pourtant semé d'embûches et les rencontres, bonnes ou mauvaises, déterminantes pour la suite.

Un style âpre, très particulier, dérangeant au début puis finalement très addictif.

 

 

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The Girls

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The Girls, c'est le portrait d'une adolescente américaine à la fin des années 60, Evie, et de la femme qu'elle est devenue aujourd'hui.

Au début de l'été, désenchantée par sa vie actuelle à la suite de la séparation de ses parents, elle croise la route d'une bande de jeunes filles dont l'allure la fascine immédiatement.

Elle fera tout pour se faire intégrer, sans penser qu'en fait, c'est sous la coupe d'une secte qu'elle tombera, et pas n'importe qu'elle secte. Il s'agit de la secte du fameux Charles Manson, réincarné ici dans le personnage de Russel.

Pas besoin de descriptions de scènes sordides pour nous distiller avec talent toute l'horreur de la situation. Emma Cline, très jeune écrivain, analyse avec profondeur et pertinence les personnages. Il y a l'histoire de la secte (qui ne dit pas son nom) mais aussi l'histoire universelle du difficile passage à l'âge adulte et de tous ses dangers.

Un roman captivant, premier coup de coeur de cette rentrée littéraire !

 

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Un homme amoureux

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Mon avis :

 

Quel est donc ce roman lu par près de 10% de la population norvégienne ?!? Un "monstre littéraire" selon les propres termes de l'auteur. "Un homme amoureux" est le second tome d'une série autobiographique intitulée "Mon combat" mais chaque roman peut se lire indépendamment.

Après avoir publié "La mort d'un père" centré sur l'adolescence de l'auteur et les rapports avec son père, Knausgaard enchaîne son cycle de la vie autour de son expérience de jeune adulte, la passion amoureuse, l'arrivée des enfants et ses aléas puis la séparation. En filigrane, l'angoisse face aux difficultés de la création littéraire.

Ce roman, ce n'est clairement pas un livre de grande action ni un style narratif éblouissant. L'auteur est capable d'étirer sur des pages et des pages des anecdotes du quotidien. Il disserte à n'en plus finir sur des changements de couche et sur les courses au supermarché. Mais c'est justement là la force à mon sens de ce roman : une description de l'intime extrêmement lucide et qui interpelle tellement certains mots sonnent juste. L'attraction que provoque ce livre est assez inexplicable. C'est étrange et puissant tout autant que c'est ennuyeux et détestable...

Tous les lecteurs n'accrocheront pas, c'est certain. Mais ça vaut le coup d'essayer !

Un homme amoureux

Faire vivre trois jeunes enfants et deux adultes dans quelques mètres carrés, entourés de tous les côtés par les gens et sans autre occupation que de désherber et de tondre la pelouse, n'est pas forcément une bonne idée

Qu'est-ce que l'argent sinon une unité qui met à égalité les choses les plus diverses pour les rendre convertibles ? (...)
Dans notre siècle, même nos rêves sont identiques, même nos rêves sont convertibles.
Equivalence n'est qu'un autre mot pour indifférence. Et c'est cela notre obscurantisme.

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Juste une ombre

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Mon avis : 4-5.gif

 

Une histoire simple, une écriture simple, mais un thriller terriblement efficace qu'il est difficile de lâcher.

Cloé est une jeune femme très ambitieuse. Sa vie professionnelle n'est qu'un enchaînement de réussites et elle est à deux doigts de la gloire finale : décrocher le poste de présidente dans son agence de publicité.  

Mais un soir, au détour d'une rue, Cloé se sent suivie. Une ombre s'approche, indéterminée. Juste une ombre, et le début d'un cauchemar pour la jeune femme. 

Des objets commencent à bouger chez elle, ce sentiment permanent qu'il y a quelqu'un. Mais lorsqu'elle en fait part à son entourage, personne ne la croit. Fatigue, alcool, drogue, délire paranoïaque? Toutes les hypothèses vont bon train.

Elle qui était si forte, si sûre d'elle, commence à perdre pied petit à petit.

En parallèle, nous découvrons le personnage d'un flic border-line, Gomez. Le lecteur ne voit pas tout de suite le lien entre ces deux personnes, mais les pièces du puzzle se mettent en place au fur et à mesure.

Karine Giebel ne laisse aucun répit à son lecteur, et ce jusqu'à la dernière ligne, avec une fin que j'ai trouvé particulièrement réussie !

 

 

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Les quatre saisons de l'été

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Mon avis : 

 

Quatres saisons de la vie, quatre couples d'âge différent, quatre histoires d'amour. Un seul lieu commun : la plage du Touquet, une seule date, le 14 juillet 1999.

Grégoire Delacourt parle ici avec beaucoup de délicatesse et de tendresse de ces sentiments amoureux qui relient les hommes et les femmes, ces destins qui se nouent et se dénouent.

C'est une histoire très simple mais pas simpliste comme j'ai pu le lire parfois.Le roman et les personnages auraient mérité un peu plus d'étoffe, peut-être. Il en ressort néanmoins une jolie impression de lecture.

Le décors du Nord (les Flandres et la côte) n'est pas sans ajouter au charme de ce roman (le Nord décrit sous le soleil en plus...)

 

 

 

On ne doit pas redonner vie à nos amours d'enfance. On doit les laisser là où elles sont: dans l'obscurité confortable des souvenirs. Là où les promesses ébauchées, les caresses imaginées, oubliées, la nostalgie des peaux, des odeurs, là où les rêves enfouis se bonifient et écrivent la plus belle histoire.

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Amours

publié dans Littérature française

Mon avis : 

 

Nous sommes en 1908, dans une maison bourgeoise du centre de la France. Victoire est mariée depuis 5 ans à Anselme, l'archétype du notable provincial. Un mariage de convenance et arrangé, comme cela se faisait beaucoup à l'époque. L'amour qu'on lui a promis ne vient pas, tout comme l'enfant tant attendu...

Mais un jour, la petite bonne de la maison, Céleste, tombe enceinte. Impossible pour elle de garder cet enfant car cela signifierait perdre son travail. Cependant, Victoire et Anselme vont décider d'un tout autre avenir pour cet enfant : il sera le leur, l'héritier tant attendu.

Dans ce huis-clos d'un autre temps aux allures de "Madame Bovary", l'arrivée de cet enfant va chambouler toutes les convenances et le destin de ces deux femmes. 

Un bien beau roman à l'atmosphère intimiste servi par une écriture précise et délicate

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En attendant Bojangles

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Mon avis : 4-5.gif

 

A 35 ans, on peut dire qu'Olivier Bourdeaut, qui a longtemps hésité à se lancer dans l'écriture, fait une entrée magistrale dans la littérature de ce début d'année !

Un succès de librairie amplement mérité pour ce livre "fell good" intelligent et touchant.

Un petit air de Boris Vian et d'Alexandre Jardin dans ce roman doucement déjanté.

Sous le regard attendri et émerveillé de leur fils, un couple fantasque décide de faire de leur vie une fête permanente. Ils ne peuvent s'empêcher de danser encore et encore sur la musique si douce de Nina Simone, "Mister Bojangles".

On part à l'improviste à la recherche d'un château en Espagne, l'école du fils, jamais le matin car il faut profiter des fêtes jusqu'au bout de la nuit.

Le récit alterne entre la narration du fils avec sa touchante naïveté et ses fausses interprétations d'enfant qui nous font sourire et la narration du père, épris d'un amour fou pour cette femme hors du commun.

Mais une ombre pointe petit à petit son nez dans ce tableau idyllique : la maladie mentale dont commence à souffrir la mère. Face à ce "déménagement" dans la tête, la famille est prête à toute, y compris les pires folies...L'amour fou n'aura jamais aussi bien porté son nom !

 

Un homme chapeauté d'un suppositoire qui moule grossièrement ses bourses dans un collant fluorescent pour gravir une côte à bicyclette n'a certainement plus toute sa tête.

Cette folie, je l'avais accueillie à bras ouverts, puis je les avais refermés pour la serrer fort et m'en imprégner, mais je craignais qu'une telle folie douce ne soit pas éternelle. Pour elle, le réel n'existait pas. J'avais rencontré une Don Quichotte en jupe et en bottes, qui, chaque matin, les yeux à peine ouverts et encore gonflés, sautait sur son canasson, frénétiquement lui tapait les flancs, pour partir au galop à l'assaut de ses lointains moulins quotidiens.

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