Articles avec litterature etrangere

La route

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L'apocalypse a eu lieu, il y a déjà de nombreuses années. Que s'est-il passé? L'auteur ne nous le dit pas. Tout ce que l'on sait, c'est que le pays (les Etats-Unis) est dévasté et couvert de cendres. Le long de la route, les cadavres jonchent le sol.

Et le long de cette route, un homme et son fils. Ils sont sales, ils ont faim, ils ont froid. Mais ils avancent, en quête d'un supposé monde meilleur, près de la mer. Ils sont tout l'un pour l'autre, dernier espoir d'humanité. Leur vie n'est plus qu'une survie, à la recherche de nourriture et d'un lieu sécurisé pour dormir. Ils doivent se méfier en permanence des autres hommes qu'ils pourraient croiser car certains d'entre eux se sont transformés en cannibales

Un roman lugubre mais magnifique, qui a obtenu le prix Pulitzer en 2007. Seule l'ultime fin ne m'a pas convaincue, même si plusieurs interprétations sont possibles...

 

 

 

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The Girls

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The Girls, c'est le portrait d'une adolescente américaine à la fin des années 60, Evie, et de la femme qu'elle est devenue aujourd'hui.

Au début de l'été, désenchantée par sa vie actuelle à la suite de la séparation de ses parents, elle croise la route d'une bande de jeunes filles dont l'allure la fascine immédiatement.

Elle fera tout pour se faire intégrer, sans penser qu'en fait, c'est sous la coupe d'une secte qu'elle tombera, et pas n'importe qu'elle secte. Il s'agit de la secte du fameux Charles Manson, réincarné ici dans le personnage de Russel.

Pas besoin de descriptions de scènes sordides pour nous distiller avec talent toute l'horreur de la situation. Emma Cline, très jeune écrivain, analyse avec profondeur et pertinence les personnages. Il y a l'histoire de la secte (qui ne dit pas son nom) mais aussi l'histoire universelle du difficile passage à l'âge adulte et de tous ses dangers.

Un roman captivant, premier coup de coeur de cette rentrée littéraire !

 

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Un homme amoureux

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Quel est donc ce roman lu par près de 10% de la population norvégienne ?!? Un "monstre littéraire" selon les propres termes de l'auteur. "Un homme amoureux" est le second tome d'une série autobiographique intitulée "Mon combat" mais chaque roman peut se lire indépendamment.

Après avoir publié "La mort d'un père" centré sur l'adolescence de l'auteur et les rapports avec son père, Knausgaard enchaîne son cycle de la vie autour de son expérience de jeune adulte, la passion amoureuse, l'arrivée des enfants et ses aléas puis la séparation. En filigrane, l'angoisse face aux difficultés de la création littéraire.

Ce roman, ce n'est clairement pas un livre de grande action ni un style narratif éblouissant. L'auteur est capable d'étirer sur des pages et des pages des anecdotes du quotidien. Il disserte à n'en plus finir sur des changements de couche et sur les courses au supermarché. Mais c'est justement là la force à mon sens de ce roman : une description de l'intime extrêmement lucide et qui interpelle tellement certains mots sonnent juste. L'attraction que provoque ce livre est assez inexplicable. C'est étrange et puissant tout autant que c'est ennuyeux et détestable...

Tous les lecteurs n'accrocheront pas, c'est certain. Mais ça vaut le coup d'essayer !

Un homme amoureux

Faire vivre trois jeunes enfants et deux adultes dans quelques mètres carrés, entourés de tous les côtés par les gens et sans autre occupation que de désherber et de tondre la pelouse, n'est pas forcément une bonne idée

Qu'est-ce que l'argent sinon une unité qui met à égalité les choses les plus diverses pour les rendre convertibles ? (...)
Dans notre siècle, même nos rêves sont identiques, même nos rêves sont convertibles.
Equivalence n'est qu'un autre mot pour indifférence. Et c'est cela notre obscurantisme.

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Ecoute le chant du vent

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Après 37 ans, Haruki Murakami autorise enfin la publication de ses deux premiers romans/nouvelles, "Ecoute le chant du vent", prix Gunzo 1979 et "Flipper, 1973", tous deux totalement inédits en France. Quelques traductions "officieuses" circulaient jusqu'à présent.

Ces deux romans indépendants mais qui se font échos sont en fait les deux premier romans d'un "cycle" (La trilogie du rat) qui s'achève par "La course au mouton sauvage", qui a lui été traduit il y a de nombreuses années.

Murakami les appelle ses "romans de cuisine", parce qu'à l'époque, jeune patron d'un bar, il commence à écrire ses premières histoire...sur la table de la cuisine.

Dans "Ecoute le chant du vent", on découvre un jeune homme et son ami le Rat (que l'on retrouvera d'ailleurs dans d'autres romans plus tard). A deux, au comptoir d'un bar, ils reparlent de tout et de rien, reviennent sur leurs expériences amoureuses passées. Et puis il y a cette fille à 4 doigts qu'il rencontrera par hasard et qu'il recherchera ensuite.

Dans "Flipper, 1973", il est question comme son nom l'indique, de flipper, mais de flipper qui parle, quand tous les autres restent muets. Là aussi, des filles étranges, des jumelles, qui partagent sa vie et son lit...

Je dirais que ces deux romans sont bien en-deçà de ses romans plus récents. Néanmoins, on y retrouve l'ambiance et les thèmes qui lui sont chers, un peu comme une ébauche de ce que son oeuvre deviendra plus tard. On assiste à l'éclosion du grand auteur qu'il est devenu, mais je ne suis pas certaine que cela plaise à tous...

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Replay

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Qui n’a jamais rêvé de revivre sa vie, en essayant de corriger les erreurs du passé ?

C’est ce qui arrive à Jeff, 43 ans, qui décède brutalement d’une crise cardiaque. Il se réveille, 25 ans plus tôt, avec en tête tous les souvenirs de sa vie antérieure.

Passé le choc de la découverte de sa situation, il se dit, comme bon nombre le feraient, que le meilleur moyen de recommencer sa vie est de le faire avec de l’argent, beaucoup d’argent. Quelques paris réussis dans les courses de chevaux, des investissements dans les secteurs qu’il sait porteur, voilà sa nouvelle vie sous le signe de l’opulence.

Mais à 43 ans, nouvelle crise cardiaque, nouveau « replay » et nouvelle orientation à sa vie car cela paraît évident, mais l’argent n’a pas fait son bonheur…

Je ne sais plus combien il y a de « replay » dans ce roman, mais ce qui est sûr, c’est qu’on ne s’ennuie pas une seconde.

Un beau et bon livre de science-fiction teinté de nostalgie.

Une seule chose comptait : le quart de siècle (à peu près) qu’il lui restait à vivre. Il le vivrait comme il le déciderait et dans son propre intérêt. Rien ne passerait avant cela : ni le travail, ni les amitiés, ni les relations avec des femmes. Ces choses-là faisaient partie de sa vie, en étaient des composantes précieuses, mais elles ne la définissaient pas, ne devaient pas la diriger. Sa vie dépendait de lui et de lui seul.

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Codex 632 : le secret de Christophe Colomb

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Je remercie HC Editions de m'avoir envoyé cet ouvrage que je n'aurais peut-être pas eu l'idée d'acheter ; une histoire autour du personnage de Christophe Colomb n'est pas spotanément ce qui m'attire...

C'est sans compter sur le talent de l'écrivain portugais Dos Santos.

Tomàs Noronha, le cryptologue déjà présent dans les précédents romans de Dos Santos, se retrouve une nouvelle fois appelé pour résoudre une énigme historique (c'est en réalité une aventure antérieure aux précédentes car on retrouve un Tomàs plus jeune, au tout début de sa carrière).

Un professeur d'histoire est retrouvé mort dans sa chambre d'hôtel au Brésil alors qu'il travaillait sur la découverte du Nouveau Monde. Autour de cette mort, de mystérieux codes secrets que personne n'est capable de déchiffrer, sauf peut-être notre cryptologue. Et surtout une grande interrogation : Christophe Colomb a-t-il réellement découvert l'Amérique, ou tout cela n'est-il qu'une vaste supercherie ? Pourquoi le nom de Christophe Colomb n'est-il jamais mentionné dans les documents de l'époque ? Pourquoi celui qui est sensé être génois ne parle ni italien ni génois ? Y a-t-il un rapport avec l'expulsion des juifs du Portugal ?

Un thriller intelligent dans lequel on s'instruit, mine de rien.

"La formule de Dieu" du même auteur reste néanmoins mon préféré, du fait de sa thématique, mais celui-ci, en recourant au même type de schéma narratif, n'en demeure pas moins captivant.

 

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Le passeur

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Dans le monde (futuriste?) de Jonas, la guerre, la pauvreté, le chômage et le divorce n'existent pas. Il n'y a pas non plus d'inégalités et tout y est parfaitement réglé. Pour leur bien, les personnes trop âgées ou jugées inaptes par la communauté sont "élargies". Personne ne sait vraiment ce que cela signifie, mais tout le monde se réjouie de cette pratique.

Tous les habitants sont pris en charge et chaque classe d'âge se voit attribuer des pratiques qui lui sont propres. Douze grandes cérémonies, une par an, vont rythmer la vie des enfants. La 12ème est la plus importante car c'est lors de celle-ci que l'enfant va se voir attribuer son futur métier. 

Jonas, lors de cette cérémonie, sera désigné comme le futur "dépositaire de la mémoire". Une bien étrange fonction...

Un roman à classer dans les fameuses "dystopies", ou contre-utopie. L'ouvrage est destiné aux adolescents, mais mérite vraiment d'être lu par tous. Pour ceux et celles qui ont des ados, c'est peut-être même une formidable occasion de pouvoir échanger sur les thèmes de la liberté, du libre arbitre et du contrôle de nos vies.

Nous ne pouvons pas prendre le risque de laisser les gens faire des choix.
- Ce serait dangereux? suggéra le Passeur.
- Tout à fait dangereux, répliqua Jonas avec assurance.
Et si on les autorisait à choisir leur conjoint? Et s'ils faisaient le mauvais choix? Ou si, poursuivit-il en riant presque devant l’absurdité d'une telle hypothèse, ils choisissaient leur métier?

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Zombi

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On ne présente plus la prolixe et déroutante Joyce Carol Oates, découverte il n'y a pas si longtemps.

Décortiquer et analyser la noirceur de ses personnages pourrait un peu être sa marque de fabrique.

Avec "Zombi", on peut dire qu'on en a pour notre argent...Très très étrange roman / nouvelle.

Le héros se prénomme Quentin. La trentaine, fils de bonne famille, il a été condamné pour une agression sexuelle envers un jeune mineur.

Alors que son entourage minimisent l'affaire et pensent plutôt à un moment d'égarement, Quentin n'abandonne pas ses fantasmes pour le moins surprenants et dérangeants.

Il n'a en fait qu'une obsession : créer son propre "zombi" qui ne serait autre qu'un esclave sexuel à demeure. Et pour créer ce zombi, il lui faudra pratiquer sur sa victime une lobotomie transorbitale à l'aide d'un pic à glace.

Joyce Carol Oates se glisse alors dans la peau de ce tueur, mêlant écriture saccadée et dessins. L'écriture est très particulière et il faut un peu de temps pour s'habituer. Du jamais lu / vu.

« Un vrai ZOMBI serait à moi pour toujours. Il obéirait à tous les ordres & les caprices. En disant « Oui, maître » & « Non, maître ». Il s’agenouillerait devant moi les yeux levés en disant : « Je t’aime, maître, il n’y a que toi, maître. »

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Le Puits

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Ils sont deux dans ce puits : le Grand et le Petit. On ne sait ni pourquoi ni comment il se sont retrouvés au fond de ce puits de 7 mètres.

Ils ont en leur possession un sac de nourriture, mais le Grand interdit au Petit d'y toucher. Il est pour leur mère.

Les deux frères vont alors se débrouiller pour tenter de survivre, se nourrissant de vers et de racines, espérant avec avidité la prochaine pluie pour pouvoir boire.

L'auteur de nous épargne rien et nous assistons à la déchéance physique et mentale des deux enfants.

Les jours passent (on imagine que les chapitres indiquent le nombre de jours) et personne ne vient les sauver. Vont-ils s'en sortir? Quelle stratégie vont-il mettre en oeuvre? Va-t-on comprendre pourquoi ils se sont retrouvés là?

Il est indéniable que ce roman est à prendre comme une fable et qu'il s'agit d'une allégorie, mais de quoi ?? C'est un peu ce qui m'a manqué dans ce texte. J'aurais aimé pouvoir en saisir le sens de manière certaine.

Cela reste quand même une lecture intéressante et très particuière mais je suis preneuse des analyses des uns et des autres !

 

Dans son rêve, le puits est aussi grand qu’une ville. Ses habitants sont affamés parce que la terre n’en peut plus, disent certains. Le Petit ne se souvient pas de la vie à l’extérieur du puits, mais le Grand est plus âgé, il a de la mémoire, lui.

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La clé de Salomon

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L’été dernier," La Formule de Dieu", du même auteur, avait été mon gros coup de cœur ! Alors, quand l’éditeur m’envoie un mail pour me proposer gentiment de me faire parvenir le dernier roman de l’auteur,  « La clé de Salomon », j’ai été ravie !!

La recette est la même pour cette suite : une intrigue policière, de l’action et de la science, de la science et encore de la science. L’intrigue policière et le côté romancé apparaissent limite comme des accessoires (d’où la déception de certains lecteurs comme j’ai pu le voir parfois)

Le directeur scientifique de la CIA, Franck Bellamy, est retrouvé mort dans l’accélérateur à particules du CERN, tenant dans ses mains un papier indiquant que Tomas Noronha, le célèbre cryptologue que nous avions découvert dans « La Formule de Dieu », serait la clé. Pas besoin de trop réfléchir pour se douter que cette phrase n’est pas à prendre au pied de la lettre…

Commence alors une chasse à l’homme pour retrouver ce coupable désigné. Pour sauver sa peau, Tomas Noronha devra de son côté percer le mystère et trouver cette fameuse « clé ». Cette quête le mènera sur les chemins de la naissance de la conscience et sur les dernières découvertes en terme de physique quantique (notamment le Boson de Higgs). Il est vrai que lorsqu’on n’y connait rien, cela peut paraître un peu ardu, mais l’auteur a un grand talent de vulgarisateur et les théories expliquées sont souvent reprises sous différents angles, ce qui permet de nous laisser le temps de comprendre.

J’ai quand même un peu moins accroché que « La Formule de Dieu », notamment parce que les révélations scientifiques (enfin pour moi ce sont des révélations !) m’ont parues tellement dingues, que j’ai eu du mal à les intégrer. Je pense que tout est vrai au niveau scientifique (enfin je pense !), mais si tel est le cas, ça fait quand même froid dans le dos…

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