Zombi

publié dans Littérature étrangère

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On ne présente plus la prolixe et déroutante Joyce Carol Oates, découverte il n'y a pas si longtemps.

Décortiquer et analyser la noirceur de ses personnages pourrait un peu être sa marque de fabrique.

Avec "Zombi", on peut dire qu'on en a pour notre argent...Très très étrange roman / nouvelle.

Le héros se prénomme Quentin. La trentaine, fils de bonne famille, il a été condamné pour une agression sexuelle envers un jeune mineur.

Alors que son entourage minimisent l'affaire et pensent plutôt à un moment d'égarement, Quentin n'abandonne pas ses fantasmes pour le moins surprenants et dérangeants.

Il n'a en fait qu'une obsession : créer son propre "zombi" qui ne serait autre qu'un esclave sexuel à demeure. Et pour créer ce zombi, il lui faudra pratiquer sur sa victime une lobotomie transorbitale à l'aide d'un pic à glace.

Joyce Carol Oates se glisse alors dans la peau de ce tueur, mêlant écriture saccadée et dessins. L'écriture est très particulière et il faut un peu de temps pour s'habituer. Du jamais lu / vu.

« Un vrai ZOMBI serait à moi pour toujours. Il obéirait à tous les ordres & les caprices. En disant « Oui, maître » & « Non, maître ». Il s’agenouillerait devant moi les yeux levés en disant : « Je t’aime, maître, il n’y a que toi, maître. »

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Je vais mieux

publié dans Littérature française

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Un petit livre qui se lit bien, qui fait du bien, mais qu'on oublie très vite je pense. Nous avons été habitué à mieux de la part de cet auteur, même si cela reste très honnête.

Notre héros a une vie on ne peu plus classique : la quarantaine, une épouse, 2 enfants qui viennent de quitter le nid, un job moyen dans un cabinet d'architecte.

Un jour, sans aucune raison apparente, il est pris d'un mal de dos inexpliqué et violent lors d'un dîner avec des amis.

Les examens médicaux ne donneront rien, mais pourtant, il a toujours aussi mal.

Et si l'origine de ce mal était psychologique? Et si l'expression "en avoir plein le dos" prenait ici tout son sens?

Alors, pour dénouer les noeuds qui lui bloquent le dos, il décide de dénouer sa vie : ses relations au travail, ses relations avec sa femme et ses enfants, ses relations avec ses parents...

Et petit à petit, les choses s'améliorent.

Notre personnage trouve bien vite les solutions et les chemins qui le mènent au prétendu bonheur. Bon, d'un autre côté, ce n'était pas bien compliqué non plus...mais c'est justement ce côté un peu trop "simpliste" qui m'a un peu laissé sur ma faim.

 

 

 

 

 

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Juste avant le bonheur

Mon avis

 

Bon, je ne dois pas être normale, si j'en juge par le nombre de personnes qui ont encensé ce roman ! J'ai lu moults avis hyper positifs, le qualifiant de "petit bijou"...alors je m'attendais à tout sauf à ça.

Le pitch : Julie est une jeune caissière de 20 ans qui a un petit garçon de 3 ans, Lulu. Un jour, alors qu'elle pleure suite à un énième harcélement de son méchant patron, un gentil (et riche) client la prend en pitié et lui propose d'aller déjeuner avec lui après son travail pour lui changer les idées. Un peu surprise par cette proposition, Julie accepte. Mais le gentil monsieur ne s'arrêtera pas là puisqu'il lui proposera de l'accompagner en vacances, avec son fils trentenaire (médecin) dans sa maison en Bretagne. Chacun amenera avec lui sa part de souffrance mais comme par magie, ils vont finir par se sentir mieux au contact des uns et des autres. Oui mais voilà, au retour, c'est l'accident et le petit Lulu se retrouve entre la vie et la mort. Patatra, tout ce bonheur frémissant va tomber à l'eau.

Outre les poncifs éculés de notre Cendrillon du 21ème siècle, le style est plat et le destin des personnages si prévisibles.

N'est pas Anna Gavalda qui veut !

 

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L'amour et les forêts

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Touché par la lettre d'une lectrice, un écrivain (l'auteur lui-même), décide de la rencontrer.

Bénédicte Ombredanne est professeur de lettres dans l'est de la France. Elle est mariée et a 2 enfants. Lors de cette rencontre, elle lui confie alors le supplice qu'elle subit au quotidien, humiliée par un mari manipulateur et sadique, un pervers narcissique en langage "psy".

Un soir, exaspérée par cette situation, elle décide de s'inscrire sur un site de rencontre, sans but précis, juste se changer les idées. Il y a Napoleon04, Gentleman, Playmobil677 et plein d'autres encore. Ce passage est juste excellent pour ceux qui connaissent ce genre de site...

L'un d'entres eux sortira du lot et elle décidera de le rencontrer. Cette petite incartade signifiera sa perte...6 heures de "folie", d'amour et de forêts et un retour en enfer.

Remarquablement bien écrit, révoltant et bouleversant. Un livre qui nécessairement fait réfléchir sur la nécessité de se battre pour ses rêves et pour sa liberté.

Je vous mets une vidéo de l'auteur lui-même qui parle de son roman (il en dit beaucoup, donc si vous voulez garder la surprise, ne pas écouter)

 

 

 

 

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Le Puits

publié dans Littérature étrangère

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Ils sont deux dans ce puits : le Grand et le Petit. On ne sait ni pourquoi ni comment il se sont retrouvés au fond de ce puits de 7 mètres.

Ils ont en leur possession un sac de nourriture, mais le Grand interdit au Petit d'y toucher. Il est pour leur mère.

Les deux frères vont alors se débrouiller pour tenter de survivre, se nourrissant de vers et de racines, espérant avec avidité la prochaine pluie pour pouvoir boire.

L'auteur de nous épargne rien et nous assistons à la déchéance physique et mentale des deux enfants.

Les jours passent (on imagine que les chapitres indiquent le nombre de jours) et personne ne vient les sauver. Vont-ils s'en sortir? Quelle stratégie vont-il mettre en oeuvre? Va-t-on comprendre pourquoi ils se sont retrouvés là?

Il est indéniable que ce roman est à prendre comme une fable et qu'il s'agit d'une allégorie, mais de quoi ?? C'est un peu ce qui m'a manqué dans ce texte. J'aurais aimé pouvoir en saisir le sens de manière certaine.

Cela reste quand même une lecture intéressante et très particuière mais je suis preneuse des analyses des uns et des autres !

 

Dans son rêve, le puits est aussi grand qu’une ville. Ses habitants sont affamés parce que la terre n’en peut plus, disent certains. Le Petit ne se souvient pas de la vie à l’extérieur du puits, mais le Grand est plus âgé, il a de la mémoire, lui.

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Léviathan

Mon avis :  

 

Et bien voilà, il fallait que cela arrive : mon auteur chouchou m'a déçu...

Ca faisait une éternité qu'il était dans ma PAL, et je ne sais pourquoi, je l'avais laissé de côté au profit d'ouvrages plus récents de l'auteur. Après avoir lu pas mal de critiques le présentant comme l'un des meilleurs de Paul Auster, je m'attendais à attaquer un chef d'oeuvre...

Cela s'est transformé en "qu'est-ce que c'est long" pendant la première partie du roman, puis en "tiens, cela prend un peu plus d'ampleur" dans la seconde partie, pour finir sur un "tout ça pour ça"...

Alors certes, pour ceux qui connaissent Paul Auster, on y retrouve bien son univers si particulier, son ambiance new yorkaise, ses histoires imbriquées et ses personnages si étranges.

L'histoire commence par la fin. Peter Aaron découvre dans le journal qu'un homme, défiguré, s'est tué en manipulant une bombe à côté de son véhicule. Pour lui, cela ne fait aucun doute : il s'agit de son ami Benjamin Sachs qu'il a perdu de vue depuis plusieurs années. Il sait alors que la police finira par venir le voir et lui poser des questions.

En guise d'anticipation, il entreprend l'écriture de l'histoire de Benjamin Sachs, à l'époque lui-même jeune écrivain de talent. Il parlera de leur rencontre, de leurs vies, de leurs femmes...Il pense ainsi pouvoir justifier les actes de son ami, tout en cherchant lui-même à les comprendre.

Evidemment, dans les romans de Paul Auster, il y a toujours une part d'invraisemblable. Mais là, pour le coup, ça ne tient pas la route. Dommage.

 

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La part des nuages

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Un livre étrange, dans lequel il ne se passe (presque) rien mais qui vous captive du début à la fin…

Je ne connaissais pas l’auteur, mais lors d’une visite chez l’excellent libraire non loin de mon travail, je tombe par hasard sur ce livre avec comme commentaire apposé dessus : « juste parce que c’est beau ». Et effectivement, c’est beau. Un poil triste, mais beau.

 

Joseph a 37 ans et une vie que l’on pourrait qualifier de banale. Mais il a un rayon de soleil : son fils Noé. Avec lui, les nuages prennent forme, la vie prend un tout autre éclat.

La maman est partie, pour refaire sa vie, et a laissé l’enfant au père, plus pratique. Mais le temps des vacances, Noé part avec sa maman.

Pour Jospeh, c’est la perte des repères immédiate. Il part à la dérive…Le ciel ne devient plus qu’une immensité déprimante.

Alors, il décide de tout changer, se réfugie dans la cabane de son fils, perchée dans le cerisier du jardin, appelle à son boulot pour dire qu’il ne viendra pas. Voilà désormais qu’il peut « prendre de la hauteur » et écouter le temps qui passe…

Un livre plein de poésie, un peu déconcertant, mais qu’est-ce que cela fait du bien d’avoir ce sentiment de faire « pause » ! Une invitation au « lâcher-prise » que je vous encourage vivement à expérimenter.

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Limbes

Mon avis : 

 

Voilà un livre que je n’aurais jamais eu l’idée de lire si les éditions Flammarion ne m’avaient pas gentiment proposé de me l’envoyer en échange d’une petite chronique sur mon blog ! Merci à eux donc car c’est une belle découverte qui m’a accompagnée durant les vacances de Noël.

 

Manuela Paris a 27 ans. A la veille de Noël, elle est de retour chez elle, dans la banlieue de Rome. Mais ce retour est loin d’être joyeux. 

Elle rentre d’Afghanistan, où elle occupait le poste de chef de section dans l’armée, en miette, tant sur le plan physique que sur le plan moral, victime d'un attentat.

Pour fuir une adolescence difficile, Manuela s’était en effet enrôlée dans l’armée des années auparavant, déterminée à prouver qu’une femme peut elle aussi assumer des fonctions à responsabilité dans un milieu aussi typiquement masculin.

Un roman rythmé par l’alternance du ici et du là-bas, extrêmement bien documenté, entre pudeur et violence. 

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Le dîner

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Homard à la sauce hollandaise. Entrée, plat, dessert, café, digestif et addition bien salée. Pour ma dernière lecture de l'année, on peut dire que j'ai été bien servie !

Deux frères se donnent rendez-vous avec leurs épouses dans un restaurant étoilée d'Amsterdam. Et c'est parti pour un huis-clos de près de 3 heures.

Serge, très probablement futur Premier Ministre du pays, et sa femme Babette. Paul, le narrateur, et sa femme Claire. Ils doivent au plus vite parler de leurs fils respectifs, Rick et Michel, et prendre une décision à propos de ceux-ci. Je n'en dirai pas plus pour ne pas déflorer l'histoire !

Plus le repas avance, plus la tension est palpable. Les différents flash-back permettent d'en apprendre plus sur cette famille, mais toujours par le biais de l'analyse de Paul.

C'est succulent, cynique à souhait et franchement amoral. Et en prime, cela fait réfléchir. On se régale !

Si je devais donner une définition du bonheur, ce serait celle-ci : le bonheur se satisfait de lui-même, il n'a pas besoin de témoin. " Toutes les familles heureuses se ressemblent, les familles malheureuses le sont chacune à leur façon", dit la première phrase d'Anna Karénine, de Tolstoï.
Je me contenterai tout au plus d'y ajouter que les familles malheureuses - et au sein de ces familles en premier lieu les couples malheureux - n'y parviennent jamais seules.
Plus il y a de témoins, mieux cela vaut. Le malheur est toujours en quête de compagnie.
Le malheur ne peut supporter le silence - et encore moins les silences gênés qui s'installent lorsqu'il se retrouve seul.
Aussi nous sommes-nous souri, Claire et moi, dans le café quand on nous a servi nos bières, sachant que bientôt nous allions passer toute une soirée en compagnie des Lohman : nous vivions le plus beau moment de la soirée, tout n'irait par la suite que de mal en pis.

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Par un matin d'automne

Mon avis :

 

Découvert cet été avec "Heather Mallender a disparu" (un coup de coeur), voici le deuxième roman que je lis de Robert Goddard. Sans le qualifier de "coup de coeur", ce roman s'avère très efficace, tant au point de vue de l'intrigue que de l'écriture.

L'histoire débute à la fin des années 90. Leonora Galloway part en France avec sa fille , près d'Amiens, afin de se recueillir sur la tombe de son père, mort au combat en 1916. Le seul problème, c'est qu'elle est née un an plus tard...

Ce qui pourrait à première vue n'être qu'un banal adultère cache en fait une étrange histoire sur base de secrets de famille et de meurtre. Flash-back en 1914. Et voici le lecteur plongé dans cette Angleterre au bord de la guerre, dans un château digne de Downton Abbey. Des histoires imbriquées, des fausses pistes, l'écrivain sait y faire pour captiver le lecteur dans une atmosphère "so british" !

 

 

Je grandis en sachant que mes parents étaient morts tous les deux, mon père tué dans la Somme, ma mère emportée par une pneumonie quelques jours après ma naissance. On ne me le cachait pas. Au contraire, on me rappelait souvent ces tristes événements, sans perdre une occasion de me faire comprendre que j'étais responsable de l'ombre qui planait sur leur mémoire. Les raisons de ma culpabilité m'échappaient et j'ignorais si le silence qui régnait autour de la mort de mes parents était dû au chagrin ou à quelque chose de pire. Je n'avais qu'une triste certitude : je n'étais pas la bienvenue à Meongate, je n'y étais pas aimée.

Bon, et parce que Gérard Collard en parle tellement bien, une petite vidéo

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